«Atteindre le public a toujours été un des points faibles de la science», relève Joanna Aizenberg, de l’Université Harvard, une des lauréates de l’International Science and Engineering Visualization Challenge 2009. Parce qu’une image vaut souvent mieux qu’un long (et parfois incompréhensible) discours, la revue Science et la Fondation américaine de la science organisent, depuis sept ans déjà, un concours de photographie, illustrations, vidéos et autres médias interactifs, dont l’objectif est de «révéler le sens caché et les détails tortueux de notre monde sous forme visuelle». Les travaux récompensés lors de la dernière édition sont présentés dans le numéro du 19 février. Parmi eux, un film qui explique comment les vrais jumeaux se différencient au fil du temps, ou encore un hamburger à la méduse, symbolisant l’appauvrissement de la biodiversité marine dû à la pêche intensive. Abstraites, explicatives ou ludiques, ces images offrent une autre porte d’entrée dans la science. Premier prix dans la catégorie photo, l’image ci-dessous de fibres de plastique – cinq cents fois plus fines qu’un cheveu – qui s’enroulent spontanément autour d’une balle montre une nouvelle manière de contrôler l’auto-assemblage des polymères, mais symbolise aussi les efforts collectifs de l’humanité pour sauver la planète Terre.

(© Sung Hoon Kang, Boaz Pokroy, and Joanna Aizenberg, Harvard University) Les ramifications de la morphogénèse. Une équipe de l’Université de Pennsylvanie a créé une installation de 3,5 mètres de haut, composée de 75 000 liens en plastique entremêlés. Elle représente le réseau des forces exercées par les cellules pulmonaires sur les protéines qui les entourent.
(© Jenny E. Sabin; Peter Lloyd Jones (Lead Scientist), Jenny E. Sabin (Lead Designer), Andrew Lucia and Annette Fierro; Sabin+Jones LabStudio, University of Pennsylvania) Combat à mort dans le désert. Une goutte d’eau versée sur des cristaux de sel récoltés dans la Vallée de la Mort a ressuscité des microbes. Tandis que le liquide s’évapore, ils luttent pour leur survie en excrétant des molécules qui préviennent la reformation des cristaux.
(© Michael P. Zach, University of Wisconsin – Stevens Point) Flower Power. Ces arrangements floraux sont en fait le résultat de l’effondrement de piliers d’un centième de millimètre de haut les uns sur les autres. Composés de polymères, ils ont été utilisés pour mesurer la force de traction des cellules. Mais cette dernière a été trop forte.
(© Russell Taylor, Briana K. Whitaker, and Briana L. Carstens, University of North Carolina at Chapel Hill) Auto-fertilisation. Des chercheurs de l’Université de Tallinn, en Estonie, ont immortalisé une «Arabidopsis thaliana» – LA plante de laboratoire par excellence – en pleine auto-fertilisation. Grâce à la lumière polarisée du microscope, on peut voir en vert le pollen descendant le pistil central qui mène à l’ovaire.
(© Heiti Paves and Birger Ilau, Tallinn University of Technology)