La polémique est née il y a tout juste cent ans, le 16 octobre 1919, au sein du journal Le Temps, parfait homonyme de celui dans lequel vous êtes actuellement plongé. Et si Molière n’était pas l’unique auteur de son importante œuvre et n’avait, en réalité, été que le prête-nom de Pierre Corneille?

Lancée par le poète et romancier français Pierre Louÿs – et calquée sur la remise en cause, un demi-siècle plus tôt, de la paternité des œuvres de William Shakespeare – l’idée n’a eu de cesse d’être reprise au cours du XXe siècle. Jusqu’à son apogée au début des années 2000, avec la parution, dans le Journal of Quantitative Linguistics, d’une étude inspirée de la méthodologie statistique et concluant que Corneille aurait écrit toutes les pièces en vers de Molière et deux de ses pièces en prose, dont L’Avare et Dom Juan.