Le ver luisant a été choisi comme Animal de l’année 2019 par Pro Natura. En désignant ce coléoptère, l’ONG veut alerter sur la situation inquiétante des populations d’insectes. «Là où les insectes vont bien, la nature se porte bien. Mais ce monde fantastique se dégrade à une vitesse effrayante», s’alarme jeudi Pro Natura dans un communiqué.

La destruction des habitats, les pesticides ou encore la pollution lumineuse sont pointés du doigt. Le ver luisant est soumis aux mêmes pressions, qui le «poussent à déserter nos parcs et nos bois».

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«L’orientation de la politique agricole» en question

Chacun peut contribuer à améliorer la situation, explique Nicolas Wüthrich, porte-parole de Pro Natura. «A titre privé, on peut par exemple laisser un peu de désordre dans son jardin, éviter d’utiliser des produits chimiques, acheter du bio, mais aussi limiter les illuminations extérieures», énumère-t-il.

L’autre levier est politique. «Il faut s’interroger sur l’orientation de la politique agricole», poursuit Nicolas Wüthrich. «Voulons-nous toujours plus d’industrialisation ou une agriculture durable?» Et de souligner que la réduction des pesticides est «clairement l’un des pas qui mériterait d’être fait pour les insectes».

En ce qui concerne la pollution lumineuse, le spécialiste se réjouit que cette question fasse aujourd’hui l’objet de réflexions. «Il y a une prise de conscience. Des villes comme Yverdon veulent retrouver leurs nuits à l’aide de l’éclairage intelligent. Ce sont des projets d’envergure, mais nécessaires.»

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L’animal de l’année s’appelle précisément «grand lampyre», la plus répandue des quatre espèces de vers luisants présentes en Suisse. Son nom commun est trompeur: il ne s’agit pas d’un ver, mais d’un scarabée qui diffuse une lueur froide.

Deux ans sous forme de larve

C’est seulement à la fin de sa vie que le Lampyris noctiluca se manifeste dans nos nuits d’été. Auparavant, il aura passé près de deux ans sous forme de larve. Ces dernières sont de grandes prédatrices d’escargots et de limaces. Leurs méthodes de chasse brutales ne cadrent pas avec l’image charmante des lucioles égayant les contes de fées.

Telles de mini-crocodiles bruns noirs, les larves traquent leurs proies, souvent bien plus grosses qu’elles. Elles tuent l’escargot ou la limace capturée en injectant un venin à leur prise, qu’elles consommeront entièrement en un jour seulement.

C’est seulement à la fin de sa vie que le Lampyris noctiluca se manifeste dans nos nuits d’été. Auparavant, il aura passé près de deux ans sous forme de larve. Ces dernières sont de grandes prédatrices d’escargots et de limaces. Leurs méthodes de chasse brutales ne cadrent pas avec l’image charmante des lucioles égayant les contes de fées.

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Telles de mini-crocodiles bruns noirs, les larves traquent leurs proies, souvent bien plus grosses qu’elles. Elles tuent l’escargot ou la limace capturée en injectant un venin à leur prise, qu’elles consommeront entièrement en un jour seulement.

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Un signal destiné aux mâles

Durant l’été de leur troisième année, les larves se mettent en cocon d’où sortiront des vers luisants adultes. Très vite, les femelles se postent à un endroit bien visible pour allumer leur signal destiné aux mâles en quête d’amour. La lumière émise par les organes lumineux situés à l’extrémité de leur corps est produite par une réaction chimique.

Chez les grands lampyres, les mâles ne brillent pas. Ils survolent leur habitat et guettent avec leurs grands yeux l’appel d’amour. Une course contre la montre commence. En effet, les individus adultes ne se nourrissent plus. Ceux qui n’auront pas réussi à s’accoupler mourront deux semaines plus tard sans descendance.