Une étude lausannoise permet de mieux comprendre pourquoi certaines bactéries résistent aux traitements. Des chercheurs de l’EPFL ont pu observer individuellement le comportement de bactéries lorsqu’elles sont mises en présence d’antibiotiques.

Il est souvent difficile d’éliminer complètement une infection bactérienne avec un antibiotique. Une partie des parasites parvient en général à survivre. Depuis plus de 50 ans, les scientifiques supposaient que les bactéries ayant stoppé leur croissance étaient celles qui persistaient le mieux face aux antibiotiques. L’analyse restait imprécise car il n’était pas possible de suivre individuellement la croissance des cellules avant et après leur exposition à des antibiotiques. Grâce à la microfluidique, des chercheurs lausannois ont réussi à observer chaque bactérie individuellement, au lieu de se contenter de dénombrer une population, explique jeudi l’EPFL dans un communiqué. Le Laboratoire de microbiologie et de microsystèmes (LMIC) de l’EPFL a ainsi découvert que certaines des bactéries qui ont résisté aux antibiotiques continuent à croître et à se diviser. En se divisant, elles peuvent développer des résistances.

Rôle d’une enzyme

Les chercheurs excluent une explication purement génétique. Etudiant un proche parent du bacille de la tuberculose, ils ont mis en évidence le rôle d’une enzyme nécessaire au bon fonctionnement de l’antibiotique. Ainsi, la mort des bactéries serait davantage liée à l’expression de cette enzyme qu’à leur facteur de croissance. Ces résultats, publiés aujourd’hui dans Science, ouvrent de nouvelles perspectives dans la compréhension des résistances aux bactéries. Les recherches se poursuivent avec d’autres micro-organismes. Les techniques mises au point pour cette étude sont désormais aussi utilisées pour le développement de nouveaux antibio­tiques.