Une nouvelle molécule pourrait remplacer le préservatif pour se protéger du sida. Découverte par une équipe internationale de scientifiques dont font partie deux chercheurs en médecine de l'Université de Genève, cette protéine synthétique s'appliquerait sur les muqueuses des organes génitaux sous forme de mousse ou de crème. Ces recherches sont décrites dans la revue Science qui paraît aujourd'hui.

La nouvelle molécule baptisée PSC-RANTES a une fonction «microbicide» qui prévient par son action l'entrée du virus dans le corps lors de rapports sexuels. Ce genre de protection est particulièrement favorable aux femmes. Contrairement au préservatif, ce sont elles qui pourront en contrôler l'utilisation, précise le sociologue du groupe de recherche genevois dirigé par le docteur Oliver Hartley et le professeur Robin Offord.

Une remarque valable surtout pour les jeunes femmes qui, dans certaines régions du monde, n'ont pas voix au chapitre quant à l'utilisation de leur corps. Selon le communiqué de l'Université de Genève, toujours plus de spécialistes s'accordent à dire que les microbicides peuvent grandement contribuer à la diminution de la propagation du sida, principalement dans les populations fragiles des pays en voie de développement.

Mais les chances qu'un produit thérapeutique voie le jour sont intimement liées à l'intérêt financier que l'industrie pourra y porter. La prudence des scientifiques genevois s'explique aussi par des problèmes de coût de production et de dosage. Même si le produit continue de passer comme jusqu'ici avec succès la longue série de tests d'efficacité et d'absence de toxicité, il faudra attendre encore quelques années avant qu'il puisse être distribué à grande échelle.