Marcus Schappi et Pete Lamonica. L’Histoire ne retiendra sans doute ni le nom de l’ingénieur de Sydney, ni celui du développeur de logiciels de Saint Louis, Missouri. Et pourtant, ces deux anonymes auront eu leur petit moment de célébrité en 2011 via les innovations qu’ils ont chacun développées autour de Siri, l’assistant personnel lancé par Apple en octobre dernier. Marcus Schappi est parvenu à intercepter les commandes envoyées depuis l’iPhone aux serveurs d’Apple, et à les rediriger vers un petit ordinateur. Celui-ci, connecté par exemple aux lampes de son appartement, permet de les activer ainsi par la voix. Vidéo et captures d’écran à l’appui, Marcus Schappi montre comment il peut piloter ainsi sa maison. Début 2012, il compte vendre un kit électronique, pour 121 90 dollars australiens, afin de permettre à ses clients de Sydney de faire de même.

Comme Pete Lamonica, qui est, lui, parvenu à régler les ­thermostats de sa maison via Siri, des technophiles débrouillards ont réussi à repousser les limites de Siri. Encore en version «bêta» – donc non terminée –, le système d’Apple n’en est qu’à ses débuts. Sa grande avancée aura été de démocratiser la reconnaissance du «langage naturel» par une machine: plus besoin d’apprendre à parler à son téléphone, c’est lui qui comprend les paroles humaines. La prochaine étape, ce sera, grâce à d’autres Marcus Schappi, d’étendre cette reconnaissance à d’autres appareils. Il faudra aussi que les machines communiquent entre elles intelligemment: un chercheur de l’Université du Maryland suggérait ainsi que plusieurs appareils dotés de Siri pouvaient communiquer entre eux pour fixer la date et l’heure d’un repas. Siri pourrait aussi communiquer avec davantage de bases de données. Depuis début décembre – accrochez-vous –, Siri permet d’accéder au moteur de recherche intelligent Wolfram Alpha, lui-même relié désormais au site de vente américain Best Buy. Ainsi, une commande vocale suffit pour afficher un comparatif des tablettes en dessous de 600 dollars, par exemple.

En face, Google réagit en silence. D’après les rumeurs, son laboratoire secret – le Google X Lab – développerait un service de reconnaissance de langage naturel, baptisé Majel, du nom de Majel Barrett-Roddenberry, l’actrice ayant prêté sa voix aux ordinateurs de l’Enterprise, dans la série Star Trek. Google pourrait combiner Majel avec l’assistant personnel Alfred, développé par la firme Clever Sense rachetée début décembre. Alfred sait déjà répondre à des questions sur des suggestions de sorties. La pression sur Google est très importante.