Record battu! Dans la nuit de mercredi à jeudi, volant au-dessus de l’océan Pacifique, André Borschberg, à bord du Solar Impulse 2 (Si2) a relégué aux oubliettes la performance de Steve Fossett qui avait réalisé le plus long vol en solo sans escale et sans ravitaillement.

En 2006, l’homme d’affaires, marin et aventurier américain, disparu en 2007 dans le désert du Nevada, avait effet parcouru 42450 km autour du monde en 76 heures et 45 minutes à bord de son avion GlobalFlyer, après une circumnavigation d’Ouest en Est entre la Floride et Bournemouth (Angleterre), et donc deux traversées de l’Atlantique.

Ce record de distance ne sera pas battu pas le Si2. Par contre, celui de la durée l’a donc été ce jeudi matin vers 0h50 (heures suisses) par le pilote suisse du Si2, qui avait déjà pulvérisé les records de vol liés plus directement aux avions solaires, des marques qu’il détenait d’ailleurs lui-même depuis son vol entre Nankin (Chine) et Nagoya.

A 11h ce 2 juillet 2015, en vol depuis environ 87 heures et en entrant dans sa quatrième nuit au-dessus du plus grand océan du monde, André Borschberg avait réalisé les quatre cinquièmes (80%) de son périple entre Nagoya, au Japon, et les îles Hawaï où il est en principe attendu demain vendredi. Il avait ainsi déjà couvert 6226 km et il ne lui en restait plus que 1509 à parcourir avec de reposer l’aéroplane pour ce qui restera comme un vol historique. Mais «cette nuit est la plus critique de toutes», explique-t-on au Centre de contrôle de Monaco. En effet, le Si2 vole cette nuit plus au sud que pour les nuits précédentes, ce qui veut dire qu’il faudra davantage de temps au Soleil pour reparaître à l’horizon et ainsi pouvoir recharger les batteries de l’aéronef.

Mais à bord, comme le montrent les images et les commentaires retransmis en direct sur le site internet www.solarimpulse.com , tout se passe désormais bien, après toutefois une frayeur. Un peu plus tôt dans le vol, il a fallu déclencher temporairement certains systèmes électroniques parce que l’outil de pilotage automatique ne cessait d’envoyer des signaux d’alarme au pilote.

André Borschberg a épuisé la moitié de ses réserves en oxygènes, presque les deux tiers de ses rations alimentaires, et quinze litres d’eau sur 25. Il se repose comme prévu par tranches de 20 minutes et en effectuant des séances de yoga, pieds en l’air et tête en bas, dans le cockpit de 3.8 m3 qui lui sert d’habitacle pour cette traversée. L’ambiance est même détendue, l’entrepreneur vaudois se permettant de plaisanter en évoquant, ce matin, «une autre journée ordinaire au bureau»…