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L'approche finale à Abou Dhabi, la nuit dernière.
© KARIM SAHIB

Revue de presse

Solar Impulse 2, retour vers le futur après l'exploit, disent les médias

La presse mondiale salue la prouesse de l'avion solaire de Bertrand Piccard et André Borschberg, qui a achevé son tour du monde sans une goutte de carburant. Ce qui n'empêche pas de continuer de se demander à quoi ça sert, tout ça

«Vous êtes encore au bureau alors que tous vos collègues sont déjà au soleil? Vite, consultez ces informations qui vont vous mettre de bonne humeur. En matière de technologies, ça bouge et ça avance dans le bon sens», annonçait déjà lundi le site Industrie et Technologies, peu avant que Le Figaro clame: «C’est terminé! Mardi, l’avion Solar Impulse 2 a bouclé à Abou Dhabi son tour du monde par étapes, un peu plus de quinze mois après avoir décollé de la capitale des Emirats arabes unis, le 9 mars 2015.» Alors, un peu claqués, les gars? Aux Gulf News qui l’estiment «rentré à la maison», Bertrand Piccard a répondu: «Noooon, on ne peut pas être fatigué un jour comme ça.»

Lire aussi: Un tour du monde, zéro carburant: Solar Impulse réécrit l’histoire de l’aviation

«Nous avons volé 40 000 km sans kérosène», confirment les «deux pionniers» sur leur site, sur leur page Facebook et sur leur compte Twitter, au terme de leur «tour du monde dans un avion solaire pour promouvoir les technologies propres». Le quotidien français, qui retrace toute l’épopée, écrit en conclusion que «la dernière étape reliant Le Caire à Abou Dhabi n’aura été qu’une dernière formalité», comme s’il voulait souligner l’insolente facilité de la performance. Pourtant, ils ont «osé l’impossible», titre le réseau indien NDTV. Et sur Facebook, la très écologiste Marion Cotillard les a remerciés de «donner aujourd’hui un espoir considérable pour le futur».

La Croix revient elle aussi sur ce qu’elle appelle l’Odyssée de Solar Impulse – avec un «O» majuscule – cette «aventure hors du commun, qui trouve son origine au tout début des années 2000». Tout comme Radio France internationale, qui souligne la «prouesse technique et écologique […], la fin d’une épopée historique» et «le pari» qui a été «tenu». Bertrand Piccard «a réalisé son rêve, pour Le Huffington Post. Mais il a mis du temps: la circonvolution, à plus de 8500 mètres d’altitude au maximum, aura duré plus d’un an et quatre mois. Elle était prévue au départ pour durer cinq mois, dont 25 jours de vol effectif»:

La BBC, qui propose un article remarquablement synthétique de l’aventure, s’arrête, elle, sur les propos – repris en boucle – qui resteront dans l’histoire du psychiatre et aéronaute suisse à l’ascendance prestigieuse, puisqu’il est le fils de l’océanographe Jacques Piccard et le petit-fils du physicien Auguste Piccard: «The future is clean. The future is you. The future is now. Let’s take it further.» Alors «Welcome back from the future, good sir», semble lui répondre en écho le site Wired. Bienvenue sur Terre après avoir visité cet avenir qui leur laisse déjà «un peu de nostalgie», ont dit ceux que la vidéo de CNN présente comme «les deux gentlemen suisses».

Mais tout le monde n’est pas d’accord. L’Agence télégraphique suisse a diffusé lundi soir une dépêche prétendant que «les avis divergent sur l’intérêt de Solar Impulse: «Bertrand Piccard veut promouvoir les technologies renouvelables. Il a cependant atteint l’inverse, affirme Simon Aegerter, ancien directeur du Technorama à Winterthour (ZH).» Il «montre à quel point l’utilisation de l’énergie solaire est peu fiable. […] Ce projet ne représente pas la voie du futur, ni en matière de vol ni en matière d’approvisionnement en énergie. Il démontre au contraire les limites du photovoltaïque. Plus un avion est gros, dit-il, plus il est lourd et plus il a besoin de puissance pour se propulser, explique l’expert. Comme il est impossible d’augmenter la lumière du soleil, il faut une surface plus grande en panneaux solaires pour obtenir davantage de puissance. Mais ces installations rendent à nouveau l’aéronef plus lourd. C’est un cercle vicieux.» D’où le titre, sans doute, du National Geographic: «Une promesse et un défi pour les énergies propres».

Le Figaro raconte encore comment «la principauté monégasque a mis à disposition des aventuriers le centre de contrôle, attenant à l’hôtel Fairmont, à Monaco, qui a été en quelque sorte le «Houston» de Solar Impulse 2. Avant le dernier atterrissage de l’appareil dans son tour du monde, la tension était palpable dans cette salle d’où a été supervisé, à distance, chacun des 17 vols sur un total de 42 000 kilomètres parcourus.» Et «après la tension, l’émotion était sensible dans ce groupe restreint de pionniers qui croient dans le futur des avions électriques. […] Les grandes célébrations sont programmées pour plus tard. Jeudi, à Monaco, une réception est prévue pour toute l’équipe, y compris les deux pilotes, le visionnaire, Bertrand Piccard, et le bâtisseur de l’avion solaire». Et de conclure qu'avec ce tweet-là…

… Bertrand Piccard a paraphrasé Neil Armstrong, le premier homme à avoir marché sur la Lune. Mais comme l’exploit est helvétique cette fois, rien ne vaut une bonne fondue pour fêter ça.

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