Cette mesure de quarantaine décidée «par précaution» doit durer trois semaines. Un premier contingent d’une douzaine de soldats ont été placé en «surveillance renforcée», a déclaré lundi le colonel Steven Warren, un porte-parole du Pentagone. Parmi eux figure l’ancien chef de la mission américaine au Liberia, le général Darryl Williams.

Le porte-parole s’est refusé à utiliser le vocable de quarantaine pour qualifier ce régime, mais a admis que les soldats étaient «isolés du reste» de la base. «Aucun d’entre eux n’a montré de symptômes», a assuré le colonel Warren.

La décision a été prise par l’état-major de l’armée de terre américaine et s’appliquera dorénavant à tous les soldats de retour de mission au Liberia, où sont déployés 600 hommes, et au Sénégal, où sont postés 100 autres. Le Pentagone a précisé que ce chiffre pourrait monter jusqu’à 4000 en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain.

Mesure contestée

D’autres mesures de précaution ont été prises aux Etats-Unis. Les Etats de New York et du New Jersey ont instauré une mise en quarantaine obligatoire pour tous les voyageurs ayant eu des contacts avec des malades en Afrique de l’Ouest.

Une infirmière américaine a ainsi été hospitalisée après son retour de Sierra Leone vendredi. Malgré l’absence de symptômes, Kaci Hickox a été installée dans une tente adjacente à un hôpital de cet Etat de l’Est américain, sans douche ni toilettes équipées de chasse d’eau. Elle a déploré avoir été traitée comme une criminelle et a finalement été autorisée à sortir lundi.

Outre le cas du médecin new-yorkais Craig Spencer, les Etats-Unis ont recensé sur leur territoire trois autres personnes contaminées par la fièvre Ebola. Une seule, un Libérien arrivé de son pays en septembre, est morte, au Texas. Deux infirmières contaminées lors de sa prise en charge ont depuis guéri.

Un garçon de cinq ans a été placé en observation dans le même hôpital que Craig Spencer, en raison de symptômes ressemblant à ceux de la fièvre Ebola. L’enfant est arrivé samedi aux Etats-Unis en provenance de Guinée.

Plus d’expulsions d’immigrés

Sur le continent européen, seule l’Espagne a été confrontée à un cas d’Ebola, une aide-soignante, qui a réussi à surmonter l’infection. Les quinze personnes hospitalisées à Madrid par précaution suite à des contacts avec Teresa Romero, dont son mari, ont pu sortir lundi à l’issue d’une période d’observation de 21 jours.

En Belgique, les expulsions forcées d’immigrés vers les pays africains touchés par Ebola ont cessé depuis plusieurs semaines. Les autorités veulent éviter toute contagion des agents de police qui doivent les accompagner.

Peur et isolement: pas une option

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a fait part lundi de son inquiétude au sujet des mesures restrictives imposées aux travailleurs humanitaires à leur retour d’Afrique de l’Ouest, où ils participent à la lutte contre l’épidémie d’Ebola. «Ils ne devraient pas être soumis à des restrictions qui n’ont pas de base scientifique».

Dans le même temps, le coordinateur de l’Union européenne contre Ebola a estimé qu’il fallait «absolument plus de médecins» occidentaux pour combattre l’épidémie. «La peur et l’isolement ne sont pas une option», a martelé le nouveau commissaire européen aux Affaires humanitaires, Christos Stylianides.

Trente formateurs français sont arrivés dimanche en Guinée pour former quelque 200 membres de la protection civile guinéenne, a annoncé lundi le ministère français des Affaires étrangères. L’épidémie d’Ebola a fait depuis le mois de mars près de 5000 morts en Afrique de l’Ouest, selon un décompte de l’OMS.