éclipse

Le Soleil a viré au noir

Grâce à un ciel dégagé, les amateurs d’astronomie suisses ont pu voir la lune passer devant le soleil et projeter son ombre sur la Terre. La météo a en revanche joué les troubles fêtes à Genève

Phénomène rare, la lune a partiellement recouvert le soleil vendredi matin. Les bonnes conditions météo ont aussi permis aux Suisses d’assister au spectacle. A son pic, vers 10h30, 70% de la surface de l’astre de feu avait disparu et il faisait légèrement plus froid que d’habitude.

Grâce à un ciel dégagé, les amateurs d’astronomie suisses ont pu voir la lune passer devant le soleil et projeter son ombre sur la terre. Durant le pic de l’éclipse solaire, la luminosité a même diminué.

La météo a en revanche joué les troubles fêtes à Genève et au Tessin, a indiqué MétéoSuisse. Le temps était couvert. Au val Mesolcina et dans la région du Simplon, le brouillard a recouvert le ciel.

Selon l’institut météorologique, pour avoir une vue dégagée dans ces régions, le mieux était de monter en altitude, comme au St-Bernard, au val Bregaglia ou à la plaine du Pô.

Pendant l’éclipse, il a même fait un peu plus froid. En Ajoie (JU) ou au Moléson, dans les Préalpes fribourgeoises, il a fait un demi-degré de moins que d’habitude. Rien de plus normal, vu qu’il y a moins d’ensoleillement, a précisé MétéoSuisse.

Mais certains animaux peuvent y être sensibles. Au zoo de Servion (VD), les singes ont ainsi préféré rester à l’intérieur, a indiqué un gardien.

Pour voir le soleil s’effacer derrière la lune, il fallait toutefois se protéger correctement les yeux. Il était recommandé d’utiliser des lunettes spéciales. Les magasins et pharmacies qui en vendaient ont d’ailleurs été pris d’assaut.

De nombreux visiteurs

Seuls des privilégiés ont pu, si la météo le permettait, voir le Soleil s’effacer complètement derrière la Lune depuis les îles Féroé, territoire danois perdu dans l’Atlantique Nord, et l’archipel norvégien du Svalbard (Spitzberg), en plein coeur de l’Arctique.

Dans le reste de l’Europe, dans le Nord-Ouest de l’Afrique et de l’Asie, et au Moyen-Orient, on ne pouvait en effet espérer observer qu’une éclipse partielle. Les Espagnols des îles Canaries ont été parmi les premiers Européens à entrevoir entre les nuages l’éclipse solaire.

Générée par la projection de l’ombre lunaire sur la Terre, l’éclipse, phénomène qui a de tout temps fasciné l’humanité, a commencé à 08h41 (heure suisse) au Cap Vert avant de remonter vers le nord.

Dans une bande dessinant un demi-cercle autour du Groenland, le Soleil était totalement masqué, mais les Féroé et le Svalbard ont été les seules terres émergées où on a pu, pendant environ deux minutes et demie, voir la nuit en plein jour.

De nombreux férus d’astronomie se sont donnés rendez-vous sur les deux archipels pour l’occasion: aux Féroé plus de 8000 visiteurs étaient attendus où l’éclipse était totale vers 10h41 (heure suisse), et entre 1500 et 2000 au Svalbard, où elle devait avoir lieu à 11h11 (heure suisse).

Il y a aussi eu affluence sur plusieurs sites ou observatoires de Suisse. Au Gurten (BE) par exemple, ils étaient environ 200 personnes de plus à emprunter le funiculaire pour monter sur la colline, selon un responsable.

Mais avoir les yeux rivés au ciel pouvait aussi être dangereux: à Baar (ZG), un homme a chuté en regardant le spectacle. Blessé, le quinquagénaire a dû être hospitalisé.

Même taille trompeuse

Une éclipse solaire totale est affaire de distance et d’alignement: il faut que la Lune s’intercale entre la Terre et le Soleil dans un axe parfait et à une distance assez proche de notre planète pour que le diamètre apparent de notre satellite dépasse celui du Soleil.

S’il est 400 fois plus gros que la Lune, le Soleil est aussi, par une heureuse coïncidence astronomique, 400 fois plus éloigné de la Terre. Vu de celle-ci, cela donne l’impression trompeuse que les deux corps célestes font la même taille.

Ailleurs, l’éclipse était plus ou moins partielle en fonction de la distance par rapport à la «bande de totalité»: le Soleil était caché à plus de 97% à Reykjavik, 93% à Edimbourg ou encore 84% à Londres.

Publicité