La sonde Osiris-Rex a probablement réussi mercredi à récupérer des grains ou des cailloux de l'astéroïde Bennu, selon la NASA. Sur la succession de photographies prises pendant l'approche, on voit le bras se rapprocher du sol, puis manifestement briser une pierre grosse apparemment friable au moment du contact, ce qui est une bonne nouvelle, a raconté Dante Lauretta, responsable de la mission, puisque cela aurait créé des fragments plus facilement récupérables par le bras. «La conclusion est que l'opération d'échantillonnage s'est très bien passée, aussi bien qu'on l'espérait», a dit le scientifique. La probabilité que des matières aient été collectées «a fortement augmenté».

Quatre ans après son lancement, la sonde américaine Osiris-Rex est brièvement entrée mardi en contact avec l'astéroïde Bennu, comme prévu, a confirmé la NASA. «Contact confirmé», «échantillonnage terminé», a annoncé l'agence spatiale américaine lors d'une retransmission des opérations en direct, déclenchant une ovation parmi l'équipe après cette étape de quelques secondes.

«Tout s'est passé parfaitement», a annoncé quelques minutes plus tard Dante Lauretta, le chef de la mission, submergé d'émotions. «Nous avons écrit une page d'histoire ce soir», a-t-il dit.

Le premier message de confirmation de l'opération est arrivé sur Terre comme prévu à 0h12 mercredi (heure en Suisse), puis l'appareil a confirmé avoir réalisé l'échantillonnage, et être reparti à distance sûre de Bennu.

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Un succès connu dans quelques jours

Après avoir rejeté de l'azote comprimé contre la surface de Bennu, le bras de la sonde était censé recueillir les particules de moins de 2 centimètres de diamètre soulevées par le souffle. Le but était d'accumuler pendant ces quelques secondes au moins 60 grammes, ce qui en ferait le plus grand échantillon extraterrestre prélevé depuis les missions lunaires Apollo.

L'appareil, long de six mètres, tournait autour de Bennu depuis fin 2018 pour préparer cette opération très complexe, réalisée de façon autonome par le robot à partir des instructions envoyées par les ingénieurs de la NASA et de Lockheed Martin. «Nous ne pouvons pas piloter l'appareil avec un joystick en temps réel», avait expliqué Kenneth Getzandanner, responsable des opérations de vol.

Mais la masse exacte de l'échantillon ne devrait pas être connue avant samedi. Pour l'instant, Osiris-Rex n'a pu envoyer que des messages de confirmation, aucune image. La sonde ne pourra le faire que dans la nuit de mardi à mercredi, une fois revenue à son orbite à distance sûre de l'astéroïde, après avoir chargé ses batteries. Dans les prochaines heures et les prochains jours, de nombreuses données et images seront envoyées et donneront une indication de la réussite ou non de l'échantillonnage.

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Il est possible que le bras de la sonde n'ait pas pu se poser sur une surface plane et aspirer des poussières, par exemple si elle est tombée sur un gros rocher. En cas d'échec, une autre tentative pourrait être décidée, sur un autre site, en janvier.

Un retour sur Terre dans un peu moins de trois ans

L'intérêt d'analyser la composition des astéroïdes du système solaire est qu'ils sont composés des mêmes matériaux qui ont formé les planètes. Comme une «pierre de Rosette», dit le chef scientifique de la NASA, Thomas Zurbuchen, Bennu peut «raconter l'histoire de la Terre et du système solaire depuis quelques milliards d'années». Les échantillons reviendront le 24 septembre 2023 sur Terre, avec un atterrissage prévu dans le désert de l'Utah.

Les laboratoires terrestres permettront d'analyser leurs caractéristiques physiques et chimiques de façon bien plus détaillée que ce qu'aucune sonde pourrait faire en vol, a dit la directrice de la division des sciences planétaires de la NASA, Lori Glaze.

Tous les échantillons ne seront pas analysés immédiatement, comme ceux rapportés de la Lune par les astronautes d'Apollo, que la NASA ouvre encore au compte-goutte cinquante ans après. «Les échantillons de Bennu permettront aux futures planétologues de poser des questions auxquelles on ne pense pas aujourd'hui, avec des techniques qui n'ont pas encore été inventées», dit Lori Glaze.