Comme le remarque Kurt Bischoff, de la Fédération suisse de pêche, «le roi du Doubs n’est pas intéressant pour la pêche. Il constitue par contre un élément essentiel de l’écosystème du Doubs, et sa présence est un indicateur de l’état du cours d’eau. C’est pour cette raison que la Fédération suisse de pêche l’a désigné comme «poisson de l’année 2013». Le roi du Doubs est un dramatique exemple de la menace sur la biodiversité et de l’importance de milieux aquatiques sains.»

Le drame du Doubs

Lors d’un recensement effectué en 2012, seuls 52 individus ont été dénombrés: ce qui fait dire à la Fédération: «Depuis des années, la réduction des peuplements dans le Doubs est un drame quasiment inconnu du public et des politiques en Suisse. Pour les poissons, ce qui est en cause sur les territoires suisses et français du Doubs, ce sont l’utilisation anti-écologique de la force hydraulique, les seuils artificiels et les rejets excessifs d’engrais et de résidus chimiques.»

Les revendications de la Fédération

Trois ans après l’Année de la biodiversité, la Fédération suisse de pêche exige des mesures pour empêcher l’extinction du roi du Doubs. En particulier:

Fluctuations des débits: les fluctuations artificielles, massives et journalières des débits (marnage) des centrales hydroélectriques doivent être réduites car elles sont mortelles pour les juvéniles et empêchent la reproduction naturelle.

Barrages et seuils: beaucoup d’obstacles artificiels à la migration piscicole fractionnent les habitats et isolent les rares populations encore existantes de rois du Doubs. La circulation des poissons doit être rétablie par l’assainissement des seuils en construisant des échelles ou des passes à poissons.

Qualité de l’eau: les apports élevés d’engrais et les rejets de résidus chimiques d’origines domestiques, agricoles et de décharges doivent être évités de manière conséquente.

Protection au niveau européen

Le roi du Doubs figure sur la liste rouge des espèces menacées et est protégé au niveau européen par la Convention de Berne. Le comité de la Convention de Berne, qui siège à Strasbourg, a blâmé la Suisse et la France pour leur passivité. Depuis lors, les deux pays sont sous observation internationale.