Portrait

Le sport à 150 mètres de hauteur

Marc Wagner a laissé l’ingénierie patrimoniale pour diffuser des rencontres sportives

Le sport à 150 mètres de hauteur

Il nous reçoit dans son bureau en plein cœur de Genève. Un salon feutré de la place de Neuve, quartier général des avocats et banquiers. Marc Wagner, 39 ans en juin, est plus habitué à fréquenter les grandes fortunes que les rencontres d’aéromodélisme.

«Avant j’installais des forfaitaires fiscaux en Suisse. Quand Bradley Bir­kenfeld a tout balancé sur UBS au fisc américain en 2012, j’ai pensé qu’il valait mieux penser à une reconversion ou j’allais finir par vendre des pizzas et des hot-dogs.» Marc Wagner investit alors 60 000 francs pour acheter son premier drone. Il espère aujourd’hui, avec sa société Swiss Aero Prod, passer à la vitesse supérieure. Celle qui lui permettrait de diffuser des événements sportifs en direct comme du biathlon ou de la voile (le sport indoor étant exclu pour des raisons de sécurité). Chaque drone sera équipé pour 150 000 francs de matériel.

«Comme un Lego»

Au milieu du bureau trône un prototype. Un drone de huit pales pour un poids total, une fois équipé, de 25 kilos. Soit juste au-dessous des maxima légaux en vigueur dans les pays européens. «Les législations changent beaucoup d’un pays à l’autre. C’est compliqué à gérer. En Suisse, le cadre est plutôt libéral. Ce n’est pas de la passivité de la part des autorités mais une vraie volonté de promouvoir cette nouvelle industrie. Le montage n’est, lui, pas très compliqué. Tout peut être acheté séparément. C’est un peu comme des Lego», explique-t-il devant l’incrédulité du journaliste.

Le projet futuriste de Marc Wagner fait en effet encore lever quelques sourcils. «Au début, mes amis avocats se moquaient de moi. Ils me prenaient pour un illuminé. Mais l’intérêt de l’Union européenne de radio-télévision (UER) a changé la donne.» L’autonomie des drones, environ 15 minutes, est le grand défi pour le direct. L’entrepreneur prévoit de faire fonctionner deux appareils en alternance et quelques dizaines de batteries. Il a déjà investi 30 000 francs dans un émetteur pour garantir un signal sans interruption. Le coût total de l’opération devrait se monter à un million de francs pour la première saison sportive.

Marc Wagner a toujours été dans le droit mais explique sa reconversion par ses premiers hobbys: «Quand j’étais gosse, j’avais une voiture Tamiya. Adolescent, je montais moi-même mon ordinateur. C’est peut-être cela qui m’a permis de me projeter dans d’autres métiers.»

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