Cent millions de plus pour acheter des vaccins contre le coronavirus: c’est la rallonge concédée par le Conseil fédéral pour la réservation et l’achat de vaccins contre le SARS-CoV-2, le virus responsable de l’épidémie de Covid-19. Elle vient compléter les 300 millions déjà mis sur la table en mai.

Le Conseil fédéral a répété sa stratégie lors du point presse du 11 novembre, qui consiste à ne pas tout miser sur le même cheval. Des négociations ont lieu depuis le printemps avec plusieurs fabricants des candidats vaccins les plus prometteurs.

Parmi ceux en lice, citons AstraZeneca, qui en collaboration avec l’Université d’Oxford développe l’AZD1222. La Suisse en attend environ 5,3 millions de doses dans le cadre d’un vaste accord européen. Moderna figure également dans la liste. Quelque 4,5 millions de doses de son vaccin ont été réservées en août. Enfin, le conseiller fédéral Alain Berset a évoqué le désormais incontournable Pfizer, dont l’annonce ce lundi d’un vaccin «efficace à 90%» à l’horizon 2021 a fait l’effet d’une bombe. Les discussions en cours portent sur 3,5 millions de doses.

Logistique particulière

Enfin, et selon un scénario idéal, une quantité de 3,5 millions de doses de vaccins pourraient provenir de l’initiative internationale Covax, un programme mondial d’achat de vaccins contre le Covid-19 lancé par l’Organisation mondiale de la santé, l’Alliance du vaccin GAVI et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI).

Cela ferait donc environ 17 millions de doses, soit bien plus que la population suisse. Mais en l’état, rien ne garantit que tous ces vaccins arriveront, ni quand. Il semble par ailleurs que la plupart nécessitent deux injections, voire plus. La Confédération vise donc large en achetant beaucoup, et en diversifiant.

Outre le défi représenté par l’accès aux précieux médicaments, se pose celui de la logistique. L’approvisionnement, le stockage et la distribution des doses dans tout le pays représentent une tâche complexe. Exemple, le vaccin de Pfizer exige d’être conservé entre -70 et -80°C. Impensable avec un vulgaire congélateur: il faudra une logistique particulière qui sera conjointement gérée par l’armée et les cantons, a déclaré Alain Berset.

Plusieurs années

Reste enfin la question que tout le monde se pose: quand? Impossible à dire pour le moment. Aucun vaccin n’est disponible pour l’instant. Swissmedic, l’autorité régulant la mise sur le marché des médicaments, dit suivre en temps réel les mises à jour des résultats des essais cliniques afin d’accélérer les processus d’homologation et d’être disposée rapidement lorsque les vaccins seront prêts.

Une fois les premières piqûres faites, ce seront vraisemblablement les personnels médicaux qui seront vaccinés en priorité, a déclaré Stefan Kuster, le responsable de la division Maladies transmissibles de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Alain Berset évoque vaguement 2021. Nul ne doute d’une chose: vacciner la population – même sur base volontaire – va vraisemblablement prendre plusieurs années.