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Vue du lac Léman depuis Lausanne, en 2016.
© Anthony Alex / Keystone

Environnement

En Suisse, le défi de la qualité

Le «château d’eau» de l’Europe porte bien son nom. L’eau est présente en abondance sur le territoire, reste à assurer sa qualité. Une mission compliquée par des pluies diluviennes et la présence de micropolluants

La sécheresse menace à plusieurs endroits de la planète. Au cœur de l’Europe, la Suisse est épargnée par cette crise. Sur la carte du réseau hydrographique, le territoire est tacheté de bleu. Le pays est le point d’ancrage des bassins du Rhin et du Rhône, sans compter ses grands lacs. Cette situation privilégiée lui vaut le surnom de «château d’eau» de l’Europe.

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Lausanne bénéficie de cet environnement favorable. La ville puise dans le Léman pour les besoins de sa population et celle de 17 autres communes. Un immense réservoir de 89 km3, soit 2500 ans de consommation. «La quantité d’eau ne pose pas de problème dans la région, confirme Sébastien Apothéloz, chef du Service de l’eau. En cas d’année sèche, on sollicite plus le lac pour répondre à la hausse des besoins et au manque d’eau de source. Aucune restriction n’a jamais été décidée, même lors de la canicule de 2003.» Une fois traitée, l’eau est rejetée dans le milieu naturel. Un cercle vertueux, mais qu’il est nécessaire de préserver.

Devoir de protection

La nouvelle usine de traitement de Saint-Sulpice, dont la construction doit commencer vers 2020, permettra de mieux répondre aux contraintes liées aux micropolluants. Derrière ce terme se cachent des pesticides, des résidus de médicaments ou de produits industriels et cosmétiques. «Ces substances indésirables sont présentes dans des quantités infimes, mais nous avons un devoir de protection», souligne le responsable.

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Cette tâche importante est rappelée dans une étude de l’Office fédéral de l’environnement sur l’approvisionnement en eau. Publié en 2014, le document s’inquiétait de la progression des «conflits d’intérêts». L’activité agricole ou l’extension des villes exercent une pression croissante sur la ressource. Exemple avec les orages qui ont éclaté fin juin à Lausanne: le réseau de canalisation a été dépassé par les pluies diluviennes. En cas de fortes intempéries, une partie de l’eau échappe à tout traitement et termine sa course dans le lac.

Ces déversements ont des conséquences minimes sur l’environnement, mais ils préoccupent toutefois les autorités. Couvert de macadam, le sol devient imperméable, ce qui augmente le débit plus rapidement. «On subit des événements qu’on ne connaissait pas par le passé, explique Sébastien Apothéloz. Des études sont encore à réaliser pour mesurer les conséquences sur le réseau de canalisations.»

Source de tensions

Il existe des conflits d’intérêts, mais également des conflits d’usage. Les régions montagneuses sont particulièrement concernées. Quand l’eau vient à manquer l’été, il devient difficile d’abreuver les bêtes à l’alpage et de maintenir une activité touristique intense. Des choix doivent alors s’opérer, ce qui peut être source de tensions. En 2015, l’armée suisse avait puisé de l’eau dans le lac des Rousses pour rafraîchir des vaches, sans l’accord de la commune française.

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A l’avenir, le risque de pénurie pourrait se renforcer. En cause: la fonte des glaciers, une bombe à retardement. «Sur le court terme, la fonte augmente le débit des cours d’eau l’été. Mais si les glaciers venaient à disparaître en 2080, les débits pourraient être fortement réduits», indique Marianne Milano, chercheuse à la Faculté des géosciences et de l’environnement de l’Université de Lausanne. Une nouvelle donne que la Suisse devrait absorber sans trop de difficultés. Son système efficient et la délocalisation d’industries gourmandes en eau ont permis de faire baisser la consommation depuis les années 1980. Alors même que la population augmente.

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