Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le moustique-tigre est présent au Tessin depuis 2003, mais il n’a pas colonisé la Suisse.
© Wikimedia Commons/Centers for Disease Control and Prevention

écologie

La Suisse, trop froide pour le moustique-tigre

Installé au Tessin depuis 2003, l’insecte invasif capable de transmettre la dengue ou le chikungunya ne s’est pas propagé au nord des Alpes. Peut-être à cause des températures, estime un expert

Le moustique-tigre n’aime pas (toute) la Suisse. Alors qu’il envahit la France, dont les autorités sanitaires rappellent qu’il a conquis 42 départements (contre environ 20 en 2016), l’insecte honni ne semble pas pressé de s’installer sous nos latitudes, un poil trop froides pour sa frileuse chitine. «La situation n’a pas beaucoup évolué», confirme Basil Gerber, représentant de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) au sein du groupe de travail moustique-tigre. Le nuisible invasif est toujours installé dans le Tessin, où il est arrivé en 2003, et aussi depuis peu dans la vallée grisonne voisine, le val Mesolcina. Mais dans les autres cantons, rien à signaler, ou presque.

Il n’y a pas de moustique-tigre en Suisse romande

Daniel Cherix

Si le moustique-tigre est sous surveillance, c’est qu’il s’agit d’un vecteur de maladies telles que la dengue et le chikungunya. Sur ce point, «aucune raison de s’inquiéter», rappelle Basil Gerber: il faudrait en effet qu’un moustique pique une personne déjà malade afin de propager l’une de ces maladies, par ailleurs absentes de Suisse. «Il n’y a eu aucun cas de telle transmission dans le Tessin, où le moustique-tigre est installé depuis 2003», ajoute Daniel Cherix, responsable du Groupe de travail Neobiota Romandie.

Moustique auto-stoppeur

La Suisse garde plus particulièrement ce moustique à l’œil depuis l’été 2013, lorsque l’OFEV mit en place un projet pilote destiné à suivre sa progression dans le pays. Etant donné que cet insecte, qui vole plutôt mal, voyage le plus simplement du monde, c’est-à-dire en empruntant des véhicules circulant sur les grands axes, le projet consiste à surveiller des pièges à œufs placés le long de ces derniers, ainsi que dans quelques gares et aéroports.

Les experts s’attendaient à repérer au fil du temps un certain nombre de ces œufs au nord des Alpes, et ce d’autant que des moustiques-tigres avaient déjà été repérés à Bâle, à Genève et à Zurich. Mais mis à part quelques détections sporadiques depuis 2013, l’ennuyeux insecte rayé n’a pas conquis les plaines. «Il n’y a pas de moustique-tigre en Suisse romande», assure Daniel Cherix. «Les températures suisses, un peu plus basses, ont pu jouer en leur défaveur», avance Basil Gerber.

Mais présente ici depuis quinze ans, l’espèce se serait très bien adaptée à nos températures, objecte toutefois Daniel Cherix, qui attribue plutôt cette différence à l’efficacité du plan suisse. Dès que les premiers œufs sont détectés, une réponse biologique ou chimique est mise en place selon les cas, et suffit à stopper sa progression, estime-t-il. Du moins jusqu’à un certain point. «Il arrivera un jour ou l’autre en Suisse romande», prédit Daniel Cherix, qui rappelle qu’il est inutile de jouer aux apprentis entomologistes: seuls les spécialistes peuvent identifier un spécimen avec certitude.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo sciences

Sécheresse et feux de forêts vus de l’espace

Chaque année, 350 millions d’hectares de forêts, friches et cultures sont ravagés par des incendies, soit la taille de l’Inde. L’astronaute allemand Alexander Gerst partage sur Twitter sa vue panoramique sur le réchauffement climatique depuis la Station spatiale internationale

Sécheresse et feux de forêts vus de l’espace

This handout picture obtained from the European Space Agency (ESA) on August 7, 2018 shows a view taken by German astronaut and geophysicist Alexander Gerst, showing wildfires in the state of California as seen from the International Space Station…
© ALEXANDER GERST