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La nouvelle carte de l'aléa ruissellement montre, en rose, les écoulements potentiels en cas de fortes pluies.
© Admin.ch

Dégâts environnementaux 

La Suisse innove pour prévenir les dégâts d’eau

Pour éviter que ne se reproduise une cascade à la gare de Lausanne, la Confédération a présenté ce mardi un outil prédictif du ruissellement d’eau. Une première mondiale

Si vous avez un talus derrière votre maison, ou que vous habitez au bas d’une rue lausannoise, il est probable que vous soyez dans une zone menacée par le ruissellement. Or, en Suisse, près de 50% des dégâts d’eau sont causés non pas par des inondations, mais par des écoulements en surface, conséquences de fortes pluies. Comment identifier ces zones à risques? C’est ce qu’a voulu savoir la Confédération, pionnière, en développant une carte des aléas de surface liés au ruissellement. Première mondiale, cette innovation a été présentée à la presse ce mardi.

Deux tiers des bâtiments suisses sont concernés

Petite prouesse technologique, le nouvel outil est le résultat d’une modélisation de l’ensemble du territoire suisse par ordinateur. Sur mandat de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), en association avec des partenaires privés, une maquette numérique haute résolution prenant en compte la couverture et la capacité de rétention des sols a été élaborée. «Cela n’existait pas, la lacune est désormais comblée», a fièrement déclaré en conférence de presse le chef de la section gestion des risques à l’OFEV, Roberto Loat. Seule une carte des zones d’inondation était jusqu’alors disponible, a-t-il expliqué. Largement insuffisant, selon le nouvel instrument, qui a mis en évidence une donnée jusque-là inconnue: deux tiers des bâtiments du pays se trouvent dans une zone d’écoulement.

Pas de panique toutefois. «Selon l’ONU, la Suisse est à l’heure actuelle le pays le mieux préparé en cas de catastrophe naturelle au monde», a rassuré Alfred Egg, président du conseil d’administration chez Axa assurances, qui a contribué à la réalisation du nouvel instrument. Cette nouvelle modélisation vise à consolider cette position: disponible en libre accès sur la plateforme du gouvernement, Admin.ch, elle se destine non seulement aux architectes et autres urbanistes, mais également aux simples citoyens. Le but est de sensibiliser le plus de monde possible, d’autant que le réchauffement climatique augmente le risque d’occurrence d’événements extrêmes. «De simples mesures peuvent avoir de très bons effets, indique Alfred Egg. Elever le seuil d’entrée de son parking peut par exemple permettre de sauver sa voiture.»

Quid des inondations lausannoises de juin?

Si la carte constitue un précieux outil supplémentaire pour prévenir des dégâts d’eau, elle n’est pas non plus miraculeuse. «Il faut bien l’admettre, a déclaré Roberto Loat, on peut éviter des dégâts grâce à ces nouvelles informations mais dans le cas des 41 millimètres de pluie qui se sont abattus sur Lausanne en dix minutes le mois dernier – un record national –, il n’est pas raisonnable d’espérer une absence totale de dommages.» Face à Mère Nature, même les redoutables mathématiciens suisses doivent parfois s’avouer vaincus.

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