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La station spatiale chinoise Tiangong-1 a la taille d’un bus et une masse d’environ 9 tonnes, soit bien moins que la Station spatiale internationale.
© Aerospace Corporation

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Comment suivre la descente de la station spatiale chinoise Tiangong-1

Le laboratoire spatial poursuit sa chute inexorable vers la Terre. Des pièces vont sans doute tomber sur Terre ce week-end, sans que les spécialistes sachent vraiment où ni quand. Le point sur les moyens de surveiller le ciel pour les anxieux voulant se rassurer

C’est une drôle de surprise attendue pour le 1er avril. Le poisson en question tournoie à 100 kilomètres au-dessus de nos têtes et s’appelle Tiangong-1. La station spatiale chinoise, abandonnée depuis 2013, pourrait tomber quelque part sur Terre ce week-end, ou lundi.

Le «palais céleste», d’après son nom dans la langue de Confucius, dégringole vers la Terre et va selon toute vraisemblance se désintégrer dans l’atmosphère. Il y aura bien sûr quelques morceaux qui vont arriver jusqu’au plancher des vaches, mais où exactement? Nul ne le sait avec certitude. Alors pourquoi ne pas suivre vous-même cette chute que l’agence spatiale chinoise qualifie déjà de spectacle «splendide», semblable à une pluie de météorites?

La réalité est un peu plus prosaïque. Etant donné la taille relativement imposante de Tiangong-1 (elle est aussi grande qu’un bus et pèse environ 9 tonnes), les pièces les plus volumineuses vont probablement tomber sur Terre sans avoir le temps de se désintégrer. Et puisque la Chine a perdu le contrôle de son palais céleste, elle est dans l’incapacité de dévier sa trajectoire pour la faire tomber dans l’océan. Ce sera donc au petit bonheur la chance. Pas de quoi s’inquiéter toutefois: il est hautement improbable qu’elle tombe sur des habitations.

Sortons la calculatrice…

Les chances de recevoir un boulon ou un panneau solaire sur le coin de la figure sont en effet extrêmement minces. Elles sont mêmes nulles pour la Suisse, compte tenu de la trajectoire de la station. Sur l’image de droite dans le tweet ci-dessous, les bandes jaunes et vertes, qui délimitent les latitudes 42,8 degrés nord et sud, montrent la zone du globe où peut tomber Tiangong-1. La Suisse en est exclue, à la différence, proche de chez nous, de l’Italie, de l’Espagne et du sud de la France.

Mais que nos voisins se rassurent: ils ont les probabilités pour eux. Les débris qui ne se désintégreront pas vont s’éparpiller sur une bande d’environ 2000 kilomètres de long sur 70 de large. Ce qui donne une surface de 140 000 kilomètres carrés, à comparer avec la surface de la Terre: 510 millions de kilomètres carrés. Sans oublier que 70% de la planète bleue est… bleue, car occupée par des océans. Les débris devraient donc vraisemblablement tomber dans l’eau.

Enfin, comme le note Space.com, nous autres les humains vivons entassés les uns sur les autres dans des villes, ce qui réduit encore les chances d’impact: elles seraient, in fine, de 1 sur 1 milliard d’après Aerospace Corporation, une organisation de recherche à but non lucratif basée en Californie. L’Agence spatiale européenne donne quant à elle un chiffre encore plus petit: une chance sur 300 milliards, soit «10 millions de fois moins probable que d’être foudroyé».

Mais de la même manière qu’il y a parfois des gagnants à la loterie, il arrive que certains malchanceux fassent connaissance avec des débris spatiaux. En 1997, Lottie Williams, une Américaine vivant dans l’Oklahoma, reçut un débris de la taille du poing sur l’épaule, sans toutefois que cela la blessât, raconte Space.com.

Comment suivre Tiangong-1

Ceci étant, il peut être intéressant de suivre la dégringolade de Tiangong-1. Le site SatView apparaît comme un incontournable pour cette tâche. Il montre la position de la station en temps réel, ainsi que sa trajectoire projetée dans le temps.

Les chances de recevoir un débris sont 10 millions de fois plus faibles que d’être foudroyé

Le site de l’ESA héberge un blog baptisé «Rocket Science Blog», bien renseigné sur le sujet. L’agence spatiale chinoise donne bien évidemment des mises à jour sur sa station qu’elle suit de près. Citée plus haut, Aerospace Corporation a de son côté mis sur pied un site web dédié à Tiangong-1. Enfin, les aficionados de Twitter peuvent se rendre sur le hashtag #Tiangong1.

Et pour finir avec une pincée de réalisme, rappelons que les dimensions de Tiangong-1 n’ont rien à voir avec celle de la Station spatiale internationale, qui pèse plus de 419 tonnes pour une centaine de mètres de long. La station chinoise a beau être une «station», elle n’est guère beaucoup plus volumineuse qu’un gros satellite.

Enfin, signalons que les chutes de débris spatiaux sont monnaie courante. Des morceaux bien plus gros que Tiangong-1 sont tombés sur Terre cette année sans que cela n’effraie personne. Il y aurait chaque année environ 50 retombées de gros débris similaires, pour une masse totale de 100 tonnes, écrit même l’ESA. C’est un fait qui a tendance à nous échapper, mais l’orbite terrestre est une poubelle, et les chutes de déchets ne sont que routine.

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