La clé d’un relâchement progressif des mesures de confinement pourrait bien dépendre du déploiement à large échelle d’un nouveau type de tests. Dits sérologiques, ils ont pour objectif d’identifier les personnes ayant déjà été infectées par le Covid-19 et qui seraient donc immunisées. En cas de résultat positif, ces dernières pourraient ainsi être autorisées à reprendre leurs activités sans risquer d’infecter d’autres individus.

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Jusqu’ici, seuls les tests diagnostiques servant à détecter la présence du génome du virus au sein d’échantillons prélevés au fond de la cavité nasale ont été massivement utilisés dans la population. Effectués à l’aide d’une prise de sang, voire parfois d’une seule goutte de sang déposée sur une bandelette, les tests sérologiques recherchent, de leur côté, la présence d’anticorps spécifiques au SRAS-CoV-2, signe que le système immunitaire a bien été exposé au virus.

Développés par des dizaines de laboratoires et d’entreprises, nombre de ces dispositifs sont encore en cours d’évaluation afin de s’assurer de leur fiabilité et éviter, notamment, qu’ils n’engendrent de faux positifs.

En Suisse aussi

«Ces tests sont très importants en termes de suivi épidémiologique, explique Nathalie Jacobs, professeure de virologie et membre du Laboratoire d’immunologie cellulaire et moléculaire du GIGA à l’Université de Liège. Non seulement ils permettent d’estimer quelle proportion de la population a déjà été exposée au SRAS-CoV-2, mais ils offrent également la possibilité de capter toutes les personnes asymptomatiques qui n’auraient pas été détectées par le biais des tests diagnostiques ciblant le virus. Il sera ainsi possible d’avoir une idée beaucoup plus précise de la létalité réelle liée au Covid-19.»

En Suisse, plusieurs laboratoires, notamment l’Institut de neuropathologie de l’Hôpital universitaire de Zurich, le Laboratoire de virologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ou encore l’Institut de microbiologie du CHUV à Lausanne, développent leurs propres tests sérologiques. Du côté des HUG, une vaste recherche longitudinale et expérimentale d’une durée de deux mois a d’ailleurs été lancée le 30 mars dans le but de tester des collaborateurs, mais aussi 1000 personnes volontaires ayant déjà participé à de précédentes études épidémiologiques et représentatives de la population genevoise.

Dans un communiqué envoyé vendredi, le groupe Swiss Medical Network, en collaboration avec ses partenaires, a de son côté annoncé organiser dès ce lundi 6 avril «un large programme de dépistage et de tests sérologiques» pour ses propres employés puis pour toutes les entreprises intéressées.