La découverte de la possibilité de reprogrammer des cellules adultes humaines en cellules souches pluripotentes a été un des points forts médicaux de la décennie écoulée. Elle permet d’une part d’éviter le problème éthique des cellules souches embryonnaires et suscite d’autre part de nombreux espoirs dans les domaines de la régénération de muscles, des greffes de peau ou de traitements de différentes maladie comme la leucémie.

Dans le monde entier, des chercheurs tentent ainsi de réparer de cette manière les tissus cardiaques endommagés par un infarctus. Ces dernières années, plus de 2000 patients ont été traités avec des cellules souches tirées le plus souvent de la moelle osseuse. Mais le succès, soit leur transformation en tissu cardiaque, n’a pas été au rendez-vous, écrit lundi l’Hôpital universitaire de Zurich dans un communiqué.

L’équipe de Christian Templin, de la Clinique de cardiologie, a elle pu démontrer une telle évolution chez le porc, comme elle l’écrit dans la revue «Circulation». Les chercheurs ont développé une technique de suivi in vivo et passé régulièrement les cochons au scanner à émission monophotonique pendant quinze semaines.

Les animaux auxquels on a fait subir artificiellement un infarctus ont reçu une transplantation de cellules souches pluripotentes obtenues par modification génétique. Celles-ci ont évolué en cellules vasculaires potentiellement capables d’améliorer la fonction cardiaque, selon le communiqué Alternative prometteuse

Des cellules pluripotentes tirées de fibroblastes de peau humaine ou de cellules sanguines constituent une alternative prometteuse, écrit l’hôpital universitaire. Elles peuvent se différencier ensuite en cellules endothéliales, en cellules musculaires lisses vasculaires ou en cellules musculaires cardiaques.

Mais avant d’envisager une application chez l’humain, il faudra encore vérifier que des effets secondaires indésirables, la formation de tumeurs notamment, ne se produisent pas. En effet, des chercheurs genevois avaient montré il y a un an que la reprogrammation de cellules adultes en cellules souches peut induire des aberrations génétiques s’apparentant à celles de cellules cancéreuses.

L’infarctus reste la principale cause de mortalité dans les pays industrialisés. En Suisse, en 2009, 8577 personnes en sont mortes, soit 14% de l’ensemble des décès.