«Un effet d’annonce plus qu’autre chose»

Le Temps: Que vous inspire cette annonce de Stephen Hawking? – Hawking est un physicien renommé, mais j’y vois un effet d’annonce plus qu’autre chose. Nous sommes dans un domaine purement théorique qu’on ne maîtrise pas du tout. Nous sommes à l’interface entre théorie quantique et théorie de la gravitation, une interface que nous ne maîtrisons pas. C’est comme lorsqu’on essaie de remonter le plus loin possible dans le temps, jusqu’à la création de l’Univers: à un moment donné, on ne peut plus progresser, faute d’avoir les bons outils.

– La controverse sur le devenir de l’information n’est donc pas résolue? – Ce n’est pas vraiment une controverse. Car selon que l’on se base sur la relativité générale ou sur la mécanique quantique, on arrive à deux conclusions opposées: dans un cas l’information est détruite, dans l’autre pas. Le jour où on disposera d’une théorie du tout, qui unifie ces deux physiques, il y aura un certain nombre de choses qu’on pourra vérifier expérimentalement, sans aller directement autour des trous noirs .

– Stephen Hawking a-t-il survendu cette histoire? C’est un habitué des médias… – C’est une importante personnalité médiatique, c’est vrai. Mais il ne faut pas prendre tout ce qu’il dit pour argent comptant. C’est un physicien exceptionnel, mais qui peut, comme les autres, se tromper! Toujours est-il que ses interventions publiques ont le mérite de braquer les projecteurs sur les trous noirs en général, et sur ce paradoxe en particulier. C’est extrêmement positif.