Psychologie

«To The Bone» crée la controverse autour de l’anorexie

La nouvelle production de Netflix aborde frontalement le sujet des troubles du comportement alimentaire. Avant même sa sortie, il était au centre de controverses, accusé d’enjoliver l’anorexie

To the Bone raconte l’histoire d’Ellen, une jeune fille anorexique de 20 ans, et son chemin vers la guérison. Sorti sur Netflix le 14 juillet 2017, il a fait l’objet de polémiques, étant par exemple accusé de montrer l’anorexie sous un jour trop positif.

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Choisissant un sujet peu abordé par le cinéma, les troubles du comportement alimentaire (TCA), le film de Marti Noxon a inquiété certains médecins et thérapeutes, notamment concernant son impact sur le public adolescent. Plusieurs pétitions ont même été lancées pour demander le retrait pur et simple du film.

Une possible source «d’inspiration»

La thérapeute américaine spécialisée en troubles de l’alimentation Jennifer Rollin explique ses craintes dans le Huffington Post: «Bien que le film s’efforce de mettre en lumière certains des problèmes liés aux TCA, on se rend bien compte que, pour des personnes ayant une prédisposition génétique, psychologique ou liée à leur caractère, tout cela pourrait facilement devenir une source «d’inspiration.»

La youtubeuse Morgan Paige, qui a souffert de troubles alimentaires, en relativise l’importance. Citant sa propre expérience, elle indique que, si un adolescent est attiré par ce genre de comportement, il trouvera de toute façon la réponse à ses questions sur Google, le film n’étant pas un élément déclencheur.

Le cliché de l’anorexique maigre entretenu

Toutes les deux s’accordent cependant sur un point: l’allure squelettique d’Ellen entretient le cliché de l’anorexique maigre à faire peur. Les TCA englobent des pathologies différentes, et touchent des personnes aux corpulences variées. «J’ai peur que les personnes qui ont vu le film pensent que, parce qu’elles n’ont pas l’apparence squelettique d’Ellen, elles n’ont pas besoin d’aide», s’inquiète Jennifer Rollin.

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Un sujet tabou, un mal concernant les jeunes et les adolescents: cet épisode n’est pas sans rappeler les critiques essuyées l’an passé par une autre production de Netflix, la série 13 Reasons Why, qui traitait du harcèlement et du suicide.

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