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© Getty Images/RooM RF / blurf

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Les toilettes ne sont pas une poubelle pour lentilles de contact

Le «New York Times» alerte ses lecteurs sur les conséquences d’un geste qui semble banalisé: utiliser les toilettes comme poubelle pour toutes sortes de produits hygiéniques, pharmaceutiques et médicaux, comme les lentilles de contact

«Jetables», certes, mais pas n’importe où. Ce n’est peut-être pas clairement indiqué sur l’emballage ni évoqué par les opticiens lors de la vente, mais les lentilles de contact ne sont pas biodégradables et doivent être jetées à la poubelle. Une journaliste de la rubrique Sciences du New York Times, Veronique Greenwood, s’est intéressée aux conséquences de la présence de lentilles de contact dans les eaux usées.

C’est une étude présentée lors d’une réunion de l’American Chemical Society qui a mis le doigt sur ce fléau: «Sur un échantillon de 400 utilisateurs de lentilles de contact recrutés au hasard pour remplir un sondage en ligne, 20% les jetteraient dans les toilettes ou le lavabo de leur salle de bain après utilisation, plutôt que de les mettre à la poubelle.» Selon les auteurs de l’étude, cela pourrait représenter 22 tonnes de déchets injectés dans les eaux usées via la chasse d’eau chaque année aux Etats-Unis. On peut par ailleurs supposer que le phénomène ne se cantonne pas à la première puissance mondiale, mais pourrait concerner tous les pays où ces types de produits sont utilisés, c’est-à-dire les pays les plus développés du point de vue de l’hygiène quotidienne et des soins médicaux.

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Pollution par les micro-plastiques

Une fois dans le circuit, le plastique qui constitue les lentilles peut se fragmenter, mais pas se dégrader complètement. «Il pourrait participer ainsi au problème grandissant de la pollution par les micro-plastiques», souligne le New York Times. Des filtres sont certes intégrés aux systèmes des stations d’épuration, mais les lentilles peuvent passer à travers grâce à leur souplesse.

Pour poursuivre plus loin leur étude, les chercheurs américains du Centre d’ingénierie pour la santé environnementale de l’Arizona State University ont mis des lentilles à tremper au contact des bactéries utilisées pour dégrader les déchets organiques dans les stations d’épuration. Résultat? Même après sept jours d’exposition aux bactéries, la structure du matériau est modifiée mais les lentilles ne sont pas dégradées par les micro-organismes.

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Une pollution évitable

«Des petits bouts de plastique de diverses provenances ont été repérés dans les océans ou autre étendue aquatique, où ils peuvent être ingérés par les poissons, les coraux ou d’autres animaux. Ces fragments peuvent contenir des doses importantes de polluants absorbés dans leur environnement, si bien qu’à la pollution des organismes par le plastique s’ajoute celle causée par ces substances.»

Quant aux déchets solides récupérés par les stations d’épuration, ils sont régulièrement utilisés comme engrais épandu dans les champs. Des micro-déchets tels que des fragments de lentilles de contact peuvent par ce biais participer à des phénomènes de pollution des eaux de surface. Le journal conclut que bien que les lentilles ne soient pas une source majeure de pollution, elles n’en demeurent pas moins une source facilement évitable!

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N’y jetez rien!

Dans la continuité de cet article centré sur les lentilles de contact, une autre journaliste de la rubrique, Christina Caron, a énuméré samedi dernier tous ces produits qui, comme les lentilles de contact, ne devraient pas se retrouver au fond des toilettes: serviettes hygiéniques et tampons, fil dentaire, médicaments, litière pour chat, préservatif, etc. Et ce malgré certains arguments marketing qui assurent fournir des produits «biodégradables», en particulier dans le secteur des protections périodiques.

Comme le souligne le quotidien new-yorkais: «Si vous n’êtes pas sûr, suivez une règle simple: tout ce qui n’est pas des excréments ou du papier hygiénique ne devrait pas être jeté dans vos toilettes.» Une règle qui a des effets non seulement sur l’environnement, mais aussi sur votre facture d’eau, qui reflète en partie le coût du traitement des eaux usées!

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