L’agence américaine des médicaments (FDA) a approuvé le 16 juillet la mise sur le marché de l’antirétroviral Truvada comme traitement préventif. Ce dernier pourra être prescrit à des sujets sains à haut risque d’être contaminés. Mais «il devra être combiné avec des pratiques sexuelles sûres comme l’usage de préservatifs et d’autres mesures de prévention, comme des dépistages réguliers», souligne l’agence dans son communiqué. «L’objectif est de réduire le nombre de nouvelles infections de 25% d’ici 2015 aux Etats-Unis», a dit Debra Birnkrant, une responsable de la FDA.

Le Truvada est fabriqué par le laboratoire américain Gilead et coûte 12 000 dollars par an. Il ne s’agit pas d’un nouveau médicament: il a initialement été approuvé en combinaison avec d’autres molécules pour les adultes et enfants de plus de 12 ans atteints par le VIH. Son efficacité en prophylaxie préventive a été mise en évidence par des essais menés dans six pays sur 2499 hommes homosexuels séronégatifs; le médicament avait réduit de 44% le risque d’infection chez les participants utilisant aussi un préservatif, en comparaison avec ceux soumis à un placebo. Une autre étude menée sur 4875 couples hétérosexuels séro­discordants a conclu à une baisse du risque d’infection jusqu’à 75% chez les partenaires séronégatifs.

L’agence ONUsida s’est félicitée de cette approbation. L’O NG AIDS Healthcare Foundation a jugé, elle, cette décision «irresponsable»: «Cela finira par faire régresser les efforts de prévention menés depuis plusieurs années», a dit son responsable, Michael Weinstein.