Réduire la durée des traitements aux antibiotiques n’a pas de conséquence sur l’efficacité de ces traitements. Cette conclusion émane d’une étude menée sur des patients souffrant d’infections du sang, conduite par les HUG, le CHUV, l’Hôpital de Saint-Gall et les Universités de Genève et de Lausanne.

Ce résultat donne l’espoir de mieux lutter contre l’augmentation de la résistance aux antibiotiques actuellement constatée dans le monde. Un phénomène préoccupant qui est encore accentué par l’absence d’intérêt de l’industrie pharmaceutique à développer de nouvelles molécules, car ces médicaments sont peu rentables.

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«Dans ce contexte, la diminution de la consommation d’antibiotiques apparaît comme l’une des seules solutions pour préserver l’efficacité des produits et limiter l’apparition de résistance», notent mercredi les institutions à l’origine de l’étude. Raccourcir la durée des traitements serait un moyen pour y parvenir.

La recherche a porté sur 504 patients recrutés dans trois hôpitaux suisses entre avril 2017 et mai 2019. Ces personnes, atteintes de bactériémies, ont été réparties de manière aléatoire en trois groupes, relève Werner Albrich, médecin infectiologue à l’Hôpital de Saint-Gall, cité dans le communiqué.

Le premier groupe a reçu le régime habituel d’antibiotiques d’une durée de 14 jours. Le deuxième groupe a reçu le même antibiotique, mais pendant 7 jours seulement. Enfin, les patients du dernier groupe ont eu droit à un traitement personnalisé sur une base journalière en fonction de leur niveau d’inflammation.

Personnalisation des traitements

L’étude montre que le traitement a eu la même efficacité dans les trois groupes. Les résultats cliniques sont identiques. Non seulement, il n’y a aucune conséquence fâcheuse à réduire de moitié la durée du traitement, mais il est tout aussi efficace d’avoir une approche individualisée qui a permis d’arrêter la prise d’antibiotique au bout de cinq jours, en moyenne.

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«Le principe du même traitement pour tous est de moins en moins vrai en médecine et la caractérisation des biomarqueurs de l’inflammation pourrait aboutir à une véritable personnalisation des traitements tout en limitant le risque de résistances», font savoir les auteurs de l’étude.