Depuis le début la pandémie, de nombreuses villes européennes ont mis en place des pistes cyclables temporaires «pop-up» pour favoriser l’utilisation du vélo. Une initiative qui a augmenté le trafic cycliste de plus de 40%, selon une étude réalisée par deux économistes du Research Institute on Global Commons and Climate Change de Berlin et publiée dans le journal PNAS.

Les chercheurs ont analysé les données prises de mars à juin 2020 par 736 instruments comptant le passage des vélos dans 106 villes européennes, sans la Suisse. Résultat, le trafic cycliste a augmenté entre 11 et 48% selon les pays. En moyenne 11,5 kilomètres de pistes cyclables ont été installés par ville.

«Cette étude confirme que si les infrastructures sont mises en place, les gens vont plus facilement favoriser le vélo», commente le professeur Patrick Rérat de l’Observatoire universitaire du vélo et des mobilités actives de l’Université de Lausanne. L’installation des pistes provisoires n’a donc pas été vaine.

Une augmentation aussi en Suisse

En Suisse la pandémie a également poussé vers une politique favorisant les cyclistes. A Genève par exemple, où avaient été installés 7 kilomètres de pistes provisoires, on a noté une augmentation de 22% du trafic durant les vacances scolaires d’été, passant de 193 800 cyclistes en 2019 à 236 300 en 2020. «60% des voyages en voiture en Suisse font moins de 25 kilomètres, ajoute Nicolas Senn, chef du Département de médecine de famille de l’Université de Lausanne. Tous ces trajets sont facilement faisables à vélo si les infrastructures le permettent.»

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L’étude MOBIS, mise en place par l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, estime que la quantité de déplacements domicile-travail effectués à vélo depuis le début de la pandémie a augmenté de 40% en Suisse. «Nous sommes malheureusement encore à la traîne comparé à d’autres pays européens pour ce qui est des infrastructures pour le vélo, juge Nicolas Senn. Mais les chiffres de la pandémie montrent que notre pays a un potentiel incroyable.»

Une bonne nouvelle pour le domaine de la santé

La suite de l’étude allemande s’est intéressée aux coûts de la santé relatifs à un tel engouement. Le vélo a beau s’accompagner d’un risque d’accident ou encore d’une exposition accrue à la pollution atmosphérique, il permet surtout de réduire la survenue de nombreuses maladies. «L’activité physique est corrélée à une diminution de problèmes de santé comme le diabète, les maladies cardiaques mais aussi la dépression», précise Patrick Rérat.

En prenant tout cela en compte, ainsi qu’en considérant le coût de construction moyen d’une piste cyclable, les auteurs concluent que chaque kilomètre parcouru à vélo équivaut à 0,45 dollar économisé pour le système de santé. Extrapolé à toutes les villes étudiées sur les quatre mois de la première vague, ce bénéfice serait de 1 à 7 milliards de dollars.