La centrale de Fukushima a-t-elle commencé à se dérégler sous l’effet du tsunami de 13 mètres qui l’a frappé le 11 mars dernier, comme l’affirme son exploitant Tepco, ou du tremblement de terre qui a précédé? La commission gouvernementale chargée d’enquêter sur l’affaire doit rendre ses résultats le 26 décembre. Mais certaines de ses considérations ont filtré. Et, d’après le quotidien Le Monde, elles mettraient à mal la thèse officielle.

Le rapport d’étape de Tepco, dévoilé le 2 décembre dernier, avance que la vague aurait «fait perdre simultanément de multiples fonctions de sûreté» et altéré les opérations de refroidissement des réacteurs. Mais cette version est qualifiée de simple «hypothèse» par l’un des membres de la commission gouvernementale, Hitoshi Yoshioka, de l’Université de Kyushu. Selon lui, le séisme aurait causé d’importants dégâts à la tuyauterie avant même l’arrivée du tsunami. Un avis qui serait partagé par une majorité des membres de son groupe de travail.

Simulation contestée

Dans un article paru en septembre dans le magazine Kagaku, un ingénieur ayant participé à la conception du réacteur numéro 4 de Fukushima, Mitsuhiko Tanaka, a contesté la simulation de l’accident réalisée sur ordinateur le 15 mai par Tepco. A le croire, les changements d’eau et de pression inscrits à cette occasion différeraient de ceux indiqués au moment de l’accident.

«Tepco a intérêt à ce que la thèse du séisme ne soit pas retenue comme cause […], explique Le Monde. Sinon les normes antisismiques seront révisées et l’entreprise, comme les autres groupes d’électricité, devra revoir la conception de ses installations. De quoi retarder de plusieurs années le redémarrage des réacteurs à l’arrêt et impliquer de lourdes dépenses.»