Le trio exécutif dissous

«Nous étudierons attentivement les avis du groupe de médiation», dit Philippe Gillet, vice-président de l’EPFL, à la tête du directoire du Human Brain Project (HBP). Une validation de ce rapport est attendue d’ici au 18 mars. Que dit le responsable à l’évocation de recommandations que le médiateur lui-même qualifie de «difficiles à digérer» (lire ci-contre)? «Pour rappel, c’est nous qui l’avons sollicité. Nous mettrons autant que possible ses recommandations en place. Au-delà des propositions théoriques, il faudra du pragmatisme, voir quelle solution peut le mieux s’appliquer à la réalité.»

L’EPFL se fond dans l’Europe

L’équipe dirigeante du HBP n’a pas attendu ce rapport du médiateur pour agir, notamment sur la base de la révision annuelle par la Commission européenne publiée le 6 mars, et dont Le Temps avait révélé les grandes lignes. Ainsi, le Comité exécutif du HBP, émanation du directoire et composé des trois scientifiques Henry Markram (EPFL), Richard Frackowiak (CHUV de Lausanne) et Karlheinz Meier (Université de Heidelberg, Allemagne), a été dissous. «Nous vivons une phase de mue. Nous allons dans le sens de la nouvelle gouvernance prônée par la Commission et le médiateur, qui sera menée par une institution internationale», admet Philippe Gillet. Autrement dit, un organe européen à créer, qui deviendrait le référent unique de l’UE envers le HBP, et dans lequel l’EPFL serait représentée. Or cette réorganisation ôterait la coordination entière du projet à la seule haute école suisse, comme jusque-là. Et quid de Henry Markram, tête pensante du HBP: «Il reste. Mais il faut que nous trouvions un cadre approprié pour que ce genre de gens puissent exprimer leurs envies, loin des tâches de gouvernance.»

«Nous créons trois groupes de travail, ajoute-t-il. Un, donc, sur la gouvernance. Un autre sur l’inter­action entre les groupes, et le dernier sur les plateformes informatiques», qui deviendront un «outil européen». Et de conclure que «toutes ces recommandations nous font progresser.»