Elle était annoncée depuis plusieurs jours, la décision de Swissmedic concernant une troisième dose de vaccin vient tout juste de tomber: une vaccination de rappel pourra désormais être administrée, mais uniquement à certains groupes de la population.

La Commission fédérale pour les vaccinations (CFV) et l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) se sont en effet prononcés en faveur d’une dose de rappel (qu’il s’agisse des vaccins produits par Pfizer/BioNTech ou Moderna) à toutes les personnes à partir de 65 ans, bien que Swissmedic ait, de son côté, donné son autorisation pour une troisième dose dès l’âge de 12 ans.

Cette dernière pourra être administrée dès la mi-novembre au plus tôt six mois après une vaccination complète, et sera réalisée avec une demi-dose pour le vaccin de Moderna et avec une dose complète pour le vaccin de Pfizer. Pour l’heure, la question d’un possible mélange des vaccins entre les deux premières et la troisième dose n’a pas encore été clairement tranchée. Davantage de détails seront apportés ces prochains jours, ont indiqué les autorités.

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«Cette recommandation vaut tout particulièrement pour les personnes de plus de 80 ans résidant dans les homes et les établissements médico-sociaux, ainsi que pour toutes les personnes de 65 ans et plus, notamment celles atteintes de maladies préexistantes graves, a expliqué Christoph Berger, président de la Commission fédérale pour les vaccinations ce 26 octobre lors de la traditionnelle conférence de presse de l’OFSP. Toutes font partie des groupes vulnérables présentant le risque le plus élevé de développer une forme grave de la maladie.»

Eviter des hospitalisations

Sur quoi les autorités se sont-elles appuyées pour prendre cette décision? Les données scientifiques à disposition montrent que la protection vaccinale peut légèrement diminuer au fil du temps chez les personnes âgées, qui sont davantage sujettes au phénomène dit «d’immunosénescence», à savoir une certaine perte d’immunité liée à l’âge. Raison pour laquelle cette catégorie de la population a été priorisée, «afin que ces dernières puissent continuer à bénéficier de la meilleure protection possible».

Selon Tanja Stadler, la présidente de la task force scientifique de la Confédération, l’autorisation d’une troisième dose va «renforcer la protection immunitaire» chez les plus de 65 ans, «qui est actuellement en train de diminuer». Elle permettrait ainsi d’éviter «entre 10 000 et 20 000 hospitalisations» dans cette tranche d’âge, d’après les calculs de la task force.

Toujours une bonne protection

Néanmoins, l’efficacité de la vaccination reste supérieure à 90% pour le vaccin de Moderna, et à 88% avec le vaccin de Pfizer/BioNTech contre les formes compliquées du Covid-19, notamment celles nécessitant une hospitalisation, comme nous le montrions dans un article publié ce mardi 25 octobre.

«Une personne infectée malgré la vaccination ne développe, la plupart du temps, aucun symptôme ou alors de très légers, et tombe rarement gravement malade, indiquent la Commission fédérale pour les vaccinations et l’OFSP. Nous considérons donc qu’il n’est pas judicieux pour le moment de proposer une vaccination de rappel pour l’ensemble de la population.» La commission étudie néanmoins la possibilité du vaccin de rappel pour le personnel soignant qui côtoie les personnes à risques.

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A noter qu’une troisième dose est déjà recommandée aujourd’hui pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli. Dans ce cas, la troisième dose fait partie de l’immunisation dite de base ou primo-vaccination, en cas de réponse immunitaire faible ou absente après deux doses.

Enfin, pour ce qui est du certificat covid, «la troisième dose n’allonge pas sa durée de validité pour le moment, a expliqué Patrick Mathys, le chef de la section gestion de crise et collaboration internationale de l’OFSP. Mais cet état de fait peut encore évoluer.»