«Ce n’est pas moi, c’est mon cerveau!» Depuis quelques années, ce singulier plaidoyer retentit dans les prétoires. Avec un enjeu capital, au sens propre du terme. Brandi par la défense, l’argument a déjà sauvé la tête de personnes accusées de crimes violents, aux Etats-Unis. A l’inverse, il lui est arrivé d’alourdir des peines d’emprisonnement. Une arme à double tranchant.

Imaginez: un homme est accusé d’un meurtre avec préméditation. L’examen de son cerveau révèle, grâce à l’imagerie cérébrale, une variation de la «norme», en termes d’anatomie ou de fonctionnement. La découverte soulève un flot de questions, mêlant neurosciences et psychiatrie, philosophie et éthique. Qu’est-ce que «la norme» en matière de santé ou de psyché humaine? Vaste serpent de mer. Et puis, ces «déviations de la norme», dans le cerveau d’un criminel, peuvent-elles influencer le verdict? Si oui, dans quel sens? Pour atténuer la responsabilité de l’accusé? Ou pour souligner sa dangerosité?