Les Russes doivent procéder aujourd'hui jeudi à la stabilisation de la station spatiale Mir, en phase de descente depuis fin janvier. Cette ultime manœuvre avant la «désorbitation» pourrait s'avérer délicate, tant ces derniers mois des pannes de courant ont affecté l'ordinateur central de la station.

Si tout se passe bien, le dernier acte se jouera vendredi au petit matin. Le vaisseau de ravitaillement Progress, amarré à la station, allumera ses moteurs pendant 20 minutes à 1 h 30, ainsi qu'à 3 h. Mir ralentira alors sa course. Son orbite circulaire prendra une orbite elliptique. A 6 h, Progress donnera une dernière poussée, d'une durée de 23 minutes, qui précipitera la masse de 137 tonnes dans l'atmosphère terrestre. Mir se consumera dès lors en grande partie lors de sa chute. Quelque 1500 débris, d'un poids total de 20 à 25 tonnes, devraient toutefois s'abîmer dans le Pacifique Sud, dans une zone de 5800 km de longueur et 200 km de largeur.

Certains des débris, qui pourraient peser jusqu'à 700 kg, atteindront la Terre à une vitesse qui leur permettrait de «traverser un mur de béton de deux mètres d'épaisseur» selon le directeur de l'Agence spatiale russe, Iouri Koptev. La zone de chute, comprise entre la Nouvelle-Zélande et l'Amérique du Sud, est peu fréquentée par les voies aériennes et maritimes. Elle est considérée comme le «cimetière des engins spatiaux». Les Russes se sont déjà débarrassés de dizaines de Progress et d'autres vaisseaux spatiaux dans cette région du Pacifique. C'est néanmoins la première fois qu'un engin aussi massif sera précipité sur la Terre.

La Russie a souscrit un contrat d'assurance d'une valeur de 200 millions de dollars pour se prémunir contre les éventuels dommages que pourrait causer la chute de la station spatiale. L'agence spatiale russe estime à 3% la probabilité que des débris tombent sur la terre ferme.