Les prévisions météorologiques peuvent se tromper sur le court terme aussi. Ce 1er août, MétéoSuisse a annoncé jusqu’en fin d’après-midi un «ciel en grande partie claire» avec un «orage de chaleur isolé possible en montagne en soirée, plus probable en deuxième partie de nuit». Or, peu après, entre 20h et 22h, une série d’orages ont interrompu barbecues, discours et feux d’artifice sur une grande partie du Plateau romand.

Les stations de mesure de MétéoSuisse ont alors enregistré de grosses quantités de pluie dans la région lausannoise, dans le canton de Fribourg et en Valais, avec un maximum de précipitations à Sion (22 mm). Et si le ciel est resté sec à Cointrin, les images radar révèlent une langue orageuse pointée sur le centre de Genève.

Excès d’optimisme

Que s’est-il donc passé entre les prévisions et les précipitations? «Les modèles étaient discordants mercredi, se souvient Dean Gill, prévisionniste à MétéoSuisse. Certains faisaient partir quelque chose sur le Haut-Lac (l’est du Léman), alors que d’autres ne signalaient rien du tout. Les plus pessimistes d’entre eux ayant tendance à surréagir, nous ne nous sommes pas alarmés. Et quand des orages qui s’approchaient depuis la France se sont affaiblis, nous avons estimé le risque écarté. Mais une zone orageuse inattendue s’est développée à cet instant au pied du Jura.»

Sous quel effet? L’affaiblissement d’un orage du côté de Lyon a pu expulser vers l’est un courant qui a soulevé la masse d’air devant lui, d’où une condensation de l’humidité. «Dans les situations orageuses, par définition difficilement prévisibles, nous péchons d’habitude par excès de prudence, en annonçant des orages qui ne se confirment pas, commente Dean Gill. Là, pour une fois, nous avons sous-estimé le danger.»