Les épisodes de surmortalité des poissons touchent principalement la truite et l’ombre et ont d’abord été observés dans le Doubs franco-suisse et la Loue (France). En 2011, le même phénomène est apparu dans la Sorne. Ce cours d’eau, également jurassien, n’a aucune connexion avec le Doubs.

Toujours en 2011, l’OFEV a mandaté le Laboratoire de biologie du sol de l’Université de Neuchâtel pour analyser l’agent pathogène et en identifier l’origine. Les chercheurs ont mis en évidence deux populations de Saprolegnia, souligne l’OFEV dans un communiqué mercredi.

Bottes de pêcheur ou canoë?

La première est peu virulente et semble établie dans le milieu naturel depuis longtemps. La seconde population correspond à Saprolegnia parasitica, une souche hautement virulente. Dans les trois rivières étudiées, tous les poissons étaient infectés par la même souche, ce qui semble indiquer une introduction récente. L’origine de la contamination reste cependant difficile à établir. L’agent pathogène a par exemple pu être introduit par les bottes d’un pêcheur ou via un canoë. Saprolegnia parasitica a aussi pu aboutir dans les eaux suite à l’utilisation de poissons comme appâts vivants, à l’introduction d’espèces exotiques ou à cause de l’exploitation agricole.

Depuis 2012, des poissons présentant des symptômes identiques à ceux du Doubs ont été signalés dans d’autres rivières suisses (Areuse et Birse) et françaises (Ain, Bienne). La présence de Saprolegnia parasitica n’a toutefois pas encore été confirmée.

Afin de prévenir la propagation de l’agent pathogène, les autorités recommandent de désinfecter le matériel de pêche entré en contact avec les eaux contaminées. En outre, un moratoire sur la pêche de l’ombre dans le Doubs a été déclaré pour 2012-2013. La mesure doit permettre à la population du poisson, fortement touchée par Saprolegnia parasitica, de se reconstituer.

Centre de test

Cela mis à part, il n’y a que peu de moyens de lutter directement contre l’agent pathogène, a indiqué à l’ATS Daniel Hefti, collaborateur de l’OFEV. Des discussions sont en cours pour la mise en place d’un centre visant à tester les poissons malades.

Si un poisson présentant des symptômes suspects est découvert dans un nouveau cours d’eau, il serait alors possible de l’envoyer au centre pour déterminer s’il est infecté par Saprolegnia parasitica. Cela permettrait de mener avec précision un «screening régional», souligne Daniel Hefti.