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Le E-ELT devrait être opérationnel en 2024.

Astronomie

Un contrat record pour un télescope hors normes

L’Observatoire européen austral (ESO) a signé avec un consortium italien un contrat de 400 millions d’euros pour la construction au Chili de l’E-ELT, le plus grand télescope du monde

400 millions d’euros: c’est le montant du contrat attribué par l’Observatoire européen austral (ESO) pour la construction du plus grand télescope du monde, l’E-ELT (European Extremely Large Telescope). Un montant record pour l’astronomie au sol. C’est un consortium italien, ACe (Astaldi, Cimolai, et le sous-traitant EIE), qui a été sélectionné par l’organisation européenne, a-t-elle annoncé mercredi 25 mai lors d’une conférence de presse à Garching près de Munich.

39 mètres de diamètre

L’accord porte sur la réalisation du dôme et de la structure du télescope, dont la construction va débuter en 2017 dans le désert d’Atacama au Chili, sur la montagne Cerro Armazones à une altitude de 3060 mètres. Avec son miroir principal de 39 mètres de diamètre, le E-ELT sera le plus grand télescope au monde. Ses concurrents directs, le Giant Magellan Telescope (GMT) et le Thirty Meter Telescope (TMT) prévoient des miroirs de respectivement 22 m et 30 m de diamètre.

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Le chantier s’annonce colossal. Déjà aplani à la dynamite en 2014, le sommet de la Cerro Armazones n’attend plus que les premiers coups de pioche. Le dôme, qui devra être capable de tourner sur lui-même pour suivre la course des étoiles, pèsera 5000 tonnes à lui seul. Avec 85 mètres de diamètre pour 80 mètres de haut, il tient la comparaison avec la cathédrale de Berne.

«L’E-ELT conduira à des découvertes que nous sommes tout simplement incapables d’entrevoir à l’heure actuelle, et constituera, pour le monde entier, une source d’inspiration scientifique, technologique, et nous invitera à réfléchir sur notre place dans l’Univers. La signature d’aujourd’hui constitue une étape clé vers la livraison de l’E-ELT en 2024», a déclaré le directeur général de l’ESO Tim de Zeeuw.

Chasseur de photons

Ce qui fait la force de l’E-ELT comparé à la concurrence, c’est sa force collectrice, a précisé Paolo Padovani, l’un des responsables scientifiques du projet. Avec un miroir aussi grand, il pourra en effet collecter plus de photons que l’ensemble des télescopes optiques existants, et son système d’optique adaptative générera des images environ 15 fois plus nettes que celles du Télescope Spatial Hubble à longueur d’onde équivalente.

Il semble donc désormais entièrement acquis que ce projet pharaonique aboutira bien un jour. Cela était loin d’être gagné, notamment en raison d’obstacles financiers qui avaient gelé sa progression. L’arrivée de nouveaux membres, notamment la Pologne et le Brésil, seul pays non européen de l’organisation, ont contribué à débloquer la situation. En tout, plus d’un milliard d’euros seront débloqués pour la première phase du projet, visant à fabriquer un télescope pleinement fonctionnel et une série d’instruments très puissants. Une deuxième phase suivra avec d’autres composants.

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Avec ce nouvel instrument hors normes, les scientifiques devraient en apprendre plus sur l’Univers, s’est réjoui Paolo Padovani. «On pourra observer des exoplanètes plus petites et plus proches de leur étoile respective, par rapport à ce que l’on fait aujourd’hui. Cela permettra par exemple d’analyser en détail la composition de leur atmosphère.» La précision de l’E-ELT est telle qu’elle autorisera l’étude des trous noirs, en particulier celui siégeant au centre de la Voie Lactée. «On saura ainsi s’il tourne réellement sur lui-même ou non», s’enthousiasme l’astronome.

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