Lundi 9 novembre, après avoir été dévoilé à Toulouse, où il a été conçu, un hôpital mobile a pris la route de Bayonne, dans le Pays basque, pour accroître les capacités de réanimation de l’hôpital local sous tension. «Cela fait trois ans que je travaille sur ce projet, je le regarde partir comme un père regarde ses enfants s’envoler, partagé entre fierté et anxiété», avoue Vincent Bounes, chef du SAMU (Service d’aide médicale d’urgence) de Toulouse.

Avec 508 personnes contaminées par le coronavirus pour 100 000 habitants, le Pays basque connaît un taux d’incidence supérieur à Paris. Les urgences de l’Hôpital de Bayonne sont saturées et, face à l’affluence, il devient impossible d’y accueillir séparément les malades atteints du Covid-19.

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Avec l’arrivée de cet hôpital mobile, installé à côté du bâtiment des urgences et vers lequel sont désormais orientées les urgences hors Covid-19, les médecins souhaitent mieux accueillir une population qui s’est sentie écartée des soins pendant le premier confinement. «Lors de la première vague, nous nous sommes concentrés sur les patients contaminés par le Covid-19. Nous avons beaucoup communiqué à leur intention, au point que des personnes affectées par d’autres pathologies ont tardé à consulter, négligeant parfois des symptômes inquiétants», observe Tarak Mokni, responsable du SAMU de Bayonne, partenaire du projet.

Superficie de 66 m2

Trente minutes, c’est le temps nécessaire à quatre personnes à peine pour déployer ce nouvel hôpital conçu par l’entreprise Cegelec Defense et le centre hospitalier de Toulouse. Cette unité mobile transportée en camion, qui peut aussi être hélitreuillée, a été initialement conçue pour apporter les soins d’urgence après une catastrophe ou un attentat. Avec la pandémie, elle semble avoir trouvé une nouvelle utilité. En l’espace de deux jours, l’entreprise a reçu de nombreux appels émanant d’hôpitaux français comme étrangers.

Descendu du camion, cet abri technique contient cinq à sept cellules qui se déplient en accordéon en glissant sur des rails. L’hôpital dispose ainsi d’une surface utile de 66 m2 pouvant accueillir jusqu’à 18 patients. «Il faut imaginer une sorte de camping-car qui servirait d’hôpital: tout ce dont on a besoin est prévu. Il est opérationnel dès qu’il est déployé, c’est-à-dire très rapidement», précise Vincent Bounes.

A son arrivée, le camion dispose de 365 litres d’eau, de 20 m3 d’oxygène et d’une autonomie de deux heures en électricité. A l’intérieur se trouve tout l’équipement médical technologique nécessaire à la prise en charge de huit patients en urgence absolue et dix en urgence relative. Il est également équipé d’un système de télécommunication satellitaire pour communiquer avec les hôpitaux.