automatisation

Un monde géré par des algorithmes

Ils déterminent le parcours des ascenseurs, dessinent les contours de votre voiture et vous conseillent sur la route à prendre

Notre monde est déjà en grande partie géré par des algorithmes. Soit par des ensembles de règles qui permettent aux ordinateurs de prendre une décision à partir de données de départ. Les algorithmes déterminent le parcours des ascenseurs, dessinent les contours de votre voiture et vous conseillent sur la route à prendre. Ils sont aussi utilisés pour prédire le futur, qu’il s’agisse de la météo, de la santé d’un nouveau-né prématuré ou du résultat d’une élection. «A Wall Street, 70% de tous les échanges sont le fait soit d’un algorithme qui essaie de passer inaperçu, soit d’un autre qui essaie de démasquer le premier», souligne le concepteur de jeux d’ordinateur Kevin Slavin.

Lors de la conférence Lift11, en février 2011 à Genève, il illustrait comment, afin de gagner quelques millisecondes dans les communications de ces transactions, on est en train de modifier la planification urbanistique de New York: «Elle va être optimisée pour ressembler à une carte mère.»

Il ne nie pas la valeur des algorithmes, mais met en garde contre leur opacité et le risque qu’ils affectent nos goûts et nos préférences. Il étaie son propos avec l’exemple de la société nord-américaine de location de vidéos Netflix. 60% des films qu’elle loue sont choisis en suivant les recommandations d’un algorithme. Qui se base sur les films loués ou

évalués par le client auparavant. Pour Kevin Slavin, cette méthode – qui revient à prendre un parti pris sur un comportement humain et à le modéliser – est aussi susceptible de le renforcer. «Comment faisiez-vous auparavant pour choisir un film? Vous ne savez plus…» D’autant que Hollywood utilise des algorithmes pour évaluer les scripts et prédire le nombre d’entrées sur lequel on peut miser. «Un algorithme décide quels films doivent être faits et un autre décide quels films sont bons. Qui est l’utilisateur dans tout ça? Ce n’est peut-être ni vous ni moi.»

Publicité