astronomie

Un NenuFar pour scruter l’Univers

Nouveau radiotélescope installé en France, NenuFar permettra aux scientifiques d’observer le ciel avec un nouveau regard. Il préfigure en outre l’avènement de la radioastronomie, dans laquelle les télescopes du monde entier collaborent en réseau

C’est une étrange installation de 60 000 m2 perdue au milieu des bois. Un curieux dispositif fait de 2000 antennes ressemblant à des baleines de parapluie réparties sur la surface d’une vaste clairière. Inauguré le 3 octobre, dans le département français du Cher, l’instrument «NenuFAR» est un pionnier de la radioastronomie. Cette branche de l’astronomie se consacre à l’observation du cosmos dans une partie non visible du spectre lumineux, allant des ondes radio millimétriques aux ondes décamétriques. Elle a permis, depuis les années 1930, aux scientifiques d’accéder à toutes sortes de phénomènes imperceptibles aux télescopes classiques.

NenuFAR pourra notamment mesurer le champ magnétique d’une exoplanète

NenuFAR pourra notamment mesurer le champ magnétique d’une exoplanète

NenuFAR prétend leur en fournir d’autres. Construit en collaboration avec le Centre national français de la recherche scientifique (CNRS) et l’Université d’Orléans sur le site de la station de radioastronomie de Nançay de l’Observatoire de Paris-PSL où se dresse déjà un grand radiotélescope, le quatrième du monde par la taille, ce vaste réseau de détecteurs, dispersés sur une distance de plus d’un kilomètre, va sonder le ciel, avec une sensibilité inédite, dans une gamme de longueurs d’onde – de 3,5 mètres à 30 mètres – à peine explorée par les autres instruments opérant au sol ou dans l’espace. Suscitant, chez ses concepteurs, le vif espoir que cette fenêtre ouverte sur la voûte céleste aboutira à des découvertes inattendues…