Si ce n’est pas une révolution technologique, c’est au moins un grand pas en avant dans le domaine des vêtements techniques de montagne. Tout droit sorti des laboratoires de recherche d’une entreprise américaine, un nouveau procédé autorise la fabrication de textiles imperméables et respirants d’une seule couche d’épaisseur. Le Gore-Tex, roi des vêtements de montagne depuis 1970, et constitué de plusieurs couches, pourrait donc avoir un successeur, avance le magazine «Wired».

Le Gore-Tex est constitué d’une membrane de polytétrafluoroéthylène (ou PTFE, également rencontré dans le Teflon qui recouvre le fond de nos poêles). Lorsqu’on l’étire, sa surface se troue d’une multitude de petits pores. En jouant sur l’étirement, on peut obtenir des trous suffisamment grands pour laisser passer la vapeur d’eau de la transpiration, mais tout de même assez petits pour demeurer imperméable aux molécules d’eau liquide de l’extérieur. Résultat, une membrane en Gore-Tex est imperméable et respirante, comme l’ont imaginée ses concepteurs, William et Bob Gore.

Mais ces caractéristiques s’accompagnent d’un inconvénient: elle est fragile. Une fois la membrane percée, il faut donc la coudre à deux, voire trois autres couches de tissu, ce qui donne au final une épaisseur et un poids assez importants.

C’est justement ce que propose de supprimer cette nouvelle technologie développée par l’entreprise Voormi, dans le Colorado. Nommée «Core Construction», elle a été récemment présentée lors d’un salon professionnel aux Etats-Unis. Il s’agit d’un textile monocouche qui intègre directement la membrane au cœur du tissu. Le principe? Une machine à coudre spécialement conçue file une trame dans la membrane, et y intègre le tissu par la même occasion.

Ce procédé n’endommage pas la membrane: par une astuce dont Voormi garde le secret, elle est en quelque sorte auto-réparante et retrouve sa forme initiale une fois cousue dans le tissu. Autre avantage avancé par le fabricant, la possibilité de régler finement l’imperméabilité et la respirabilité de la membrane, afin de l’adapter au type de vêtement souhaité.

Pour le moment, la petite entreprise n’a conclu aucun accord avec quelque marque de vêtement. Mais plusieurs seraient déjà sur les rails, signale enfin «Wired».