Souvent désigné comme le remplaçant des carburants fossiles, l’hydrogène, extrêmement inflammable, reste difficile à stocker. Des chercheurs de l’EPFL, avec des confrères allemands, ont peut-être trouvé une solution en le transformant en acide formique.

L’équipe de Gábor Laurenczy, de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), et Matthias Beller et Ralf Ludwig, de l’Université de Rostock ont d’abord développé un moyen de transformer l’hydrogène en acide formique grâce à un catalyseur et au CO2 présent dans l’atmosphère. Ils obtiennent ainsi une substance très peu inflammable et liquide à température ambiante.

Deuxième étape: par le biais d’une nouvelle catalyse, l’acide formique retourne à l’état de CO2 et d’hydrogène, lequel peut ensuite être transformé en énergie électrique et alimenter par exemple un véhicule, selon ces travaux publiés dans la revue Science.

Basé sur le fer

Jusqu’ici, une telle transformation nécessitait des catalyseurs chers comme le ruthénium. Or les chercheurs ont travaillé sur un procédé de catalyse basé sur le fer, un métal facilement disponible et peu coûteux. «Avec notre système, des coûts considérables peuvent être économisés», explique Matthias Beller. Et, comme dans toute catalyse, aucune matière n’est dégradée pendant le processus.

Autre avantage: le procédé permet de stocker presque le double d’énergie à volume égal. En effet, un litre d’acide formique contient plus de 53 grammes d’hydrogène, contre à peine 28 grammes pour un même volume d’hydrogène pur pressurisé à 350 bars.

Une solution jugée «extrêmement sûre». L’acide formique libère de manière continue de très petites quantités d’hydrogène, «juste ce dont vous avez besoin sur le moment pour votre consommation électrique», relève encore Gábor Laurenczy.