Les hommes, parfois, sont lents, peu fiables, influençables et limités dans leurs capacités de calcul. Les scientifiques ne font pas exception. Les machines, elles, n’ont pas ces défauts. C’est l’idée de base qui a conduit le bio-informaticien Ross King, de l’Université Aberyst­wyth (pays de Galles), à développer un «robot scientifique». Cet «assistant», équipé d’un ordinateur doté d’intelligence artificielle, mène la même démarche que ses inventeurs humains: «Formuler des hypothèses de recherche, concevoir et réaliser des expériences pour les tester, interpréter les résultats et recommencer le cycle jusqu’à ce que de nouvelles connaissances soient trouvées», explique Ross King dans la revue Scientific American . Et cela avec succès: Adam – c’est le nom de ce robot – a découvert la fonction d’une vingtaine de gènes codants pour des enzymes de levures. Outre son «cerveau» informatique, que les chercheurs ont «gavé» d’informations de base sur ce domaine et dans lesquelles Adam puise, l’ensemble ressemble à un laboratoire automatisé, avec tous les outils nécessaires pour étudier ces micro-organismes vivants. «Sept de ses conclusions étaient connues, une semblait fausse, et 12 constituaient des nouveautés scientifiques.» Avantages de la méthode? «Des coûts moindres, le fait qu’Adam puisse vérifier plusieurs hypothèses avec une seule expérience et comparer ses résultats à ses postulats (ce que négligent parfois les scientifiques)». Le biologiste travaille déjà sur Eve, successeur d’Adam destiné à cribler les effets de nouvelles molécules biologiquement actives contre des maladies tropicales. «En travaillant de concert, hommes et robots scientifiques devraient arriver à des résultats supérieurs à ce que les uns ou les autres pourraient obtenir séparément, estime Ross King. Les progrès de l’informatique et des systèmes d’intelligence artificielle produiront des robots encore plus intelligents. Ces créations seront-elles un jour capables de faire des découvertes remettant en question les paradigmes ou se limiteront-elles à des investigations scientifiques de routine? Une question clé de la science de demain!»