La chasse aux exoplanètes risque de se compliquer un peu. Jusqu'à ce jour, les astronomes repéraient ces planètes situées hors de notre système solaire lorsqu'elles transitaient devant l'étoile autour de laquelle elles gravitent, «retenant» ainsi un peu de la lumière émise par «leur» astre. Dans un article à paraître dans Astronomy & Astrophysics, une équipe internationale d'astronomes, dont font partie Frédéric Pont, Stéphane Udry, Didier Quéloz et Michel Mayor de l'Observatoire de Genève, explique avoir découvert, autour d'un soleil lointain appelé OGLE-TR-122, une petite étoile qui ressemble comme deux gouttes d'eau à une exoplanète.

Observation directe

Pour repérer un maximum d'exoplanètes par le biais de transits, plusieurs programmes d'inventaire ont été lancés. L'un d'eux, OGLE, a déjà détecté 177 «objets candidats» en passant au crible des milliers d'étoiles et leurs environs.

Il est aussi possible de mesurer la taille de tels objets. Toutefois, cela ne suffit pas encore pour connaître leur nature exacte. Pour cela, les scientifiques doivent faire des calculs de vitesse radiale: en étudiant les déplacements de l'étoile pointée par rapport au centre de gravité du couple étoile-objet, ils parviennent à déterminer la masse de ce dernier.

Dans ce cas précis, l'objet-compagnon était à peine 16% plus volumineux que Jupiter. Tout laissait donc à penser qu'il pouvait s'agir d'une exoplanète. Mais il s'est avéré que sa masse était 96 fois plus grande, comme l'ont montré des mesures effectuées par les chercheurs genevois au VLT, le télescope de l'Observatoire européen austral (ESO) installé au Chili! Conclusion: la pseudo-exoplanète était en réalité une étoile naine. «C'est la première mesure directe d'un tel astre de cette taille», communique l'ESO.

Cette découverte a d'importantes implications: «Elle ne remet pas en question le statut des quelque 150 exoplanètes découvertes à ce jour, rassure Frédéric Pont. Par contre, la plus grande prudence ainsi que des calculs de masse précis seront nécessaires à l'avenir pour distinguer les exoplanètes des petites étoiles de ce genre.»

Selon l'astrophysicien, même s'il ne s'agit pas d'une nouvelle exoplanète, cette petite étoile, baptisée OGLE-TR-122b en référence au soleil autour duquel elle gravite, reste une prise extrêmement intéressante. Ces corps stellaires de masse restreinte présentent en effet des conditions physiques similaires à celles qui règnent à l'intérieur des planètes géantes du système solaire, comme Jupiter.