Cette «exoplanète exo-galactique», baptisée HIP 13044, est installée dans l’orbite d’une étoile lointaine en fin de vie se trouvant à 2200 années lumière (une année-lumière équivaut à 9460 milliards de km) de la Terre, dans la constellation australe du Fourneau. Cette planète a une masse une fois et demi plus grande que celle de Jupiter, une planète gazeuse qui est la plus grosse de notre système solaire.

L’étoile autour de laquelle cette exoplanète a été détectée est appelée HIP 13044. Elle faisait partie à l’origine d’un groupe stellaire qui appartenait à une galaxie naine dévorée par la Voie Lactée lors d’un acte de cannibalisme galactique il y a six à neuf milliards d’années. La planète est proche de son étoile et de ce fait très chaude mais les astronomes ont dit, lors d’une téléconférence de presse, ne pas avoir déterminé les températures à sa surface.

Au point le plus proche de son orbite elliptique, elle passe à un dixième de la distance séparant la Terre du Soleil, précisent les auteurs de cette communication parue dans la revue américaine Science. Elle boucle son orbite en seulement 16,2 jours. Télescope au Chili

«Cette découverte est exaltante, car pour la première fois des astronomes ont détecté un système planétaire dans un courant d’origine extragalactique», a souligné Rainer Klement, astrophysicien de l’Institut Max-Planck pour l’astronomie (Allemagne) et coauteur de cette découverte. «Les grandes distances nous séparant des autres galaxies font que nous n’avions pas jusqu’alors d’observations confirmées d’exoplanète extra-galactique mais la fusion cosmique entre la Voie Lactée et cette autre galaxie naine a mis une telle planète à portée de nos instruments», a-t-il expliqué.

Pour débusquer cette exoplanète, les astronomes ont observé de petites oscillations sur l’étoile provoquées par la force gravitationnelle exercée par la planète. Pour des observations d’une telle précision, les chercheurs ont utilisé un spectrographe à haute définition attaché à un des télescopes de l’Observatoire européen austral (ES0) qui se trouve au Chili à environ 2400 mètres d’altitude. Une survivante

La découverte de cette exoplanète soulève des questions intéressantes quant à la formation des planètes géantes, a observé Johnhy Setiawan, également de l’Institut Max-Planck, principal auteur de ces travaux. Cette étoile contient apparemment très peu d’éléments lourds comme des métaux mais seulement de l’hydrogène et de l’hélium, a-t-il dit.

«C’est un mystère car cela contredit le modèle largement accepté de formation planétaire. On s’interroge pour savoir comment cette étoile a pu former une planète», a dit cet astronome, estimant qu’il y a probablement eu un processus différent de formation de cette exoplanète. Celle-ci est l’une des rares connues à avoir survécu à la période durant laquelle son étoile s’est fortement agrandie après avoir épuisé son carburant, l’hydrogène dans son cœur. Durant cette phase, l’étoile devient «une géante rouge», un sort que notre soleil devrait connaître dans environ cinq milliards d’années. L’observation montre que l’étoile HIP 13044 s’est de nouveau contractée en brûlant de l’hélium.