Une tumeur n’est pas une masse compacte de cellules mais une mosaïque dynamique composée de cellules génétiquement différentes. Des chercheurs suisses ont développé une méthode pour identifier les différents types de cellules. Cette découverte doit permettre des thérapies plus ciblées.

Pour qu’une cellule commence à grossir, une mutation doit se produire dans son matériel génétique. Les cellules continuent à se modifier au fur et à mesure que la tumeur croît et finissent par former une mosaïque faite de cellules génétiquement différentes. Ce phénomène rend difficile le traitement avec des médicaments, puisqu’il peut toujours y avoir des cellules qui ne réagissent pas à la substance utilisée.

Gènes isolés

Des scientifiques de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), de l’Institut suisse de bio-informatique SIB et de l’Université de Zurich ont développé une nouvelle méthode pour identifier de manière fiable les variantes génétiques des cellules tumorales. Ils ont isolé les gènes de nombreuses cellules issues des tissus d’un rein et les ont décodées génétiquement au moyen d’une technique complexe. Avec cette méthode, il est possible de détecter des modifications génétiques qui se produisent seulement dans une cellule sur 10 000, écrivent les chercheurs dans la revue scientifique Nature Communications.

Ce procédé sera important lorsqu’il s’agira par exemple de découvrir des types de cellules qui résistent aux thérapies et d’adapter le traitement en conséquence, selon l’auteur principal de l’article, Moritz Gerstung, cité dans un communiqué de l’Université de Zurich. A terme, les thérapies contre le cancer pourraient peut-être ainsi être personnalisées en fonction des patients.