médecine

Une piste pour retarder la survenue d’un diabète

Administré pendant deux semaines à des individus présentant un risque élevé de diabète, un anticorps a retardé la survenue de la maladie. C’est la première fois que l’on parvient à un tel résultat en ciblant le système immunitaire

C’est l’histoire d’un anticorps: le teplizumab, dont la capacité à retarder le diabète de type 1 constituerait un immense progrès. Il a déjà été montré que lorsque celui-ci est administré à des individus récemment diagnostiqués diabétiques et traités depuis peu par insuline, il peut réduire la perte des cellules pancréatiques produisant l’insuline, hormone impliquée dans la régulation du taux de glucose dans le sang. On sait que le diabète de type 1 est causé par le dysfonctionnement des lymphocytes T (cellules immunitaires) qui éliminent les cellules pancréatiques sécrétrices d’insuline reconnues comme étrangères. Il s’agit donc d’une maladie auto-immune caractérisée par la présence dans le sang d’auto-anticorps, ainsi appelés car étant dirigés contre ces cellules.

C’est la première fois que l’on parvient à retarder de façon significative la survenue du diabète clinique chez des sujets à haut risque

Lucienne Chatenoud, Hôpital Necker-Enfants malades

C’est la première fois que l’on parvient à retarder de façon significative la survenue du diabète clinique chez des sujets à haut risque

Lucienne Chatenoud, Hôpital Necker-Enfants malades

C’est dans un autre contexte, encore plus précoce dans l’histoire de la maladie diabétique, que le teplizumab refait parler de lui. Des pédiatres diabétologues et immunologistes se sont posé la question de savoir si cet anticorps pouvait retarder la mise sous traitement par insuline chez des sujets à haut risque de développer un diabète. La réponse est définitivement oui, indique leur essai, dont les résultats ont été publiés le 9 juin dans The New England Journal of Medicine (NEJM).