En septembre 2000, l’ensemble des quatre expériences du LEP (Large Electron Positron) avaient enregistré des collisions pouvant être la preuve de l’existence d’une particule de Higgs avec une masse voisine de 114 gigaélectron-volts (GeV).

Tout semblait réuni «pour que la carrière du LEP atteigne un apogée dramatique en 2000», écrit le CERN en relatant sur son site l’histoire du LEP, fermé en novembre 2000.

Le LHC (Grand Collisionneur de hadrons) qui lui a succédé «a balayé en six mois ce que le LEP croyait avoir trouvé», relevait récemment un physicien de l’expérience Atlas du LHC, Daniel Fournier.

Il a rappelé qu’en 2000 au LEP, le risque d’erreurs avait été évalué à 1%, ou, comme le formulent les physiciens, avec un «écart type» ou «sigma» de 2.

Au LHC, les résultats annoncés en décembre dernier sur une «indication» de la présence du boson autour de 125 GeV avaient eux aussi un risque d’erreur évalué à environ 1% ou «2 sigma».

Bien loin de l’objectif fixé pour être sûr d’une découverte: «5 sigma», ce qui signifie «être sûr à 99,99995%» ou n’avoir que 5 risques d’erreurs sur 10 millions.

En d’autres termes, avec un sigma de 3, la probabilité que le signal perçu par les physiciens soit une erreur équivaut à celle d’obtenir huit fois de suite le même résultat en jouant à pile ou face.

Un sigma de 5 correspond à la chance d’avoir 20 fois de suite le même résultat.

Et c’est précisément le sacro-saint niveau de confiance de «5 sigma» qui a été obtenu mercredi par les expérimentateurs du CERN, leur permettant d’annoncer depuis Genève la découverte d’un «nouveau boson» dont la nature reste à vérifier.

«Si j’étais un profane, j’aurais dit que nous l’avons trouvé», ce fameux boson de Higgs, a expliqué lors d’une conférence de presse le directeur général du CERN, Rolf Heuer.

«Mais en tant que scientifique, je me dois de dire que nous avons trouvé quelque chose. Nous avons découvert un boson et maintenant nous devons déterminer de quel genre de boson il s’agit», a-t-il souligné.