L’origine de la pollution du fleuve Oder, qui coule entre la Pologne et l’Allemagne, et la substance polluante restaient inconnues dimanche. Des dizaines de tonnes de poissons morts sont repêchés depuis plusieurs jours. A ce jour, «aucune analyse n’a confirmé la présence de substances toxiques», a déclaré dimanche soir la ministre polonaise du climat Anna Moskwa, à l’issue d’une rencontre avec son homologue allemande Steffi Lemke, à Szczecin, dans le nord-ouest de la Pologne.

Selon Anna Moskwa, les analyses des poissons repêchés n’ont pas confirmé la présence de mercure ou de métaux lourds. La seule anomalie constatée reste le niveau élevé d’oxygène dans l’eau. «Nous analysons différentes possibilités, aussi bien l’introduction de substances dangereuses que la situation naturelle», la sécheresse et les vagues de chaleur. Selon Steffi Lemke, il s’agit désormais de «réduire les conséquences de la catastrophe» et, si possible, prévenir d’autres dommages qu’elle risque de provoquer.

Des conséquences pendant «des mois, peut-être des années»

«Nous ignorons combien de temps et dans quelle mesure cette catastrophe va impacter le système écologique, des mois, peut-être des années», a-t-elle indiqué. Les deux ministres ont assuré que la pollution de l’Oder n’avait d’impact ni sur les eaux souterraines ni sur l’eau potable des deux côtés du fleuve.

La police polonaise a offert samedi une récompense de 210 000 euros pour trouver l’auteur de la pollution. Le gouvernement nationaliste populiste polonais s’est retrouvé sous un feu des critiques, aussi bien en Pologne qu’en Allemagne, pour n’avoir pas réagi plus tôt.

Le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a reconnu samedi avoir été informé de la situation que «le 9 ou 10 août», alors que les premiers signaux de la pollution ont été enregistrés le 26 juillet aux alentours de la ville polonaise d’Olawa.

La rivière Oder qui coule d’abord en Pologne, puis constitue une frontière naturelle entre la Pologne et l’Allemagne, est considérée comme relativement propre depuis de nombreuses années, abritant une quarantaine d’espèces de poissons, attirant de nombreuses espèces d’oiseaux et animaux.