Un grand bond pour le programme spatial chinois: la sonde Chang'e 5 s'est posée «avec succès» mardi sur la Lune, une mission cruciale en vue d'envoyer des astronautes sur l'astre lunaire d'ici 2030. Cette mission est la nouvelle étape du programme spatial chinois, qui avait frappé un grand coup début 2019 en faisant atterrir un engin sur la face cachée de la Lune, une première mondiale.

Du nom d'une déesse de la Lune selon la mythologie chinoise, la sonde Chang'e 5 avait quitté la Terre mardi dernier. La mission doit permettre de collecter environ 2 kg de roches lunaires, notamment en creusant le sol jusqu'à deux mètres de profondeur.

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Ces échantillons seront prélevés en l'espace de 48 heures dans une zone jamais explorée, l'océan des Tempêtes (Oceanus Procellarum en latin), une vaste plaine de lave, selon la revue Nature. Ils devraient permettre d'ajouter des pièces supplémentaires au grand puzzle de l'histoire de la Lune. Le retour des roches sur Terre devrait intervenir courant décembre, en Mongolie-intérieure (nord de la Chine).

Astronautes sur la Lune d'ici dix ans

La télévision publique CCTV a diffusé une courte séquence montrant le module spatial de 8,2 tonnes se poser sur le sol lunaire. Les responsables de la mission, le visage couvert d'un masque, applaudissaient devant des écrans de contrôle.

Le module Chang'e 5 est composé de quatre parties: un orbiteur (qui restera en orbite lunaire), un alunisseur (qui s'est posé sur la Lune), un module de remontée (du sol vers l'orbite lunaire) et une capsule de retour (vers la Terre).

Cette mission est la première tentative de rapporter des roches lunaires depuis la mission inhabitée Luna 24, menée avec succès par l'ex-URSS en 1976. Mais à la différence du programme soviétique, où la sonde effectuait directement le trajet Lune-Terre après la collecte des échantillons, la Chine utilisera une méthode bien plus ardue.

Les roches seront d'abord placées dans le module de remontée (qui devra regagner l'orbite lunaire) avant d'être transvasées dans la capsule de retour sur Terre. Les Etats-Unis avaient également rapporté des échantillons lors de la mission habitée Apollo 17 (1972), mais ceux-ci avaient été directement collectés par les astronautes. Cette ambitieuse opération permettra également au géant asiatique de tester de nouvelles technologies, cruciales en vue d'envoyer des astronautes sur la Lune d'ici 2030.