Au Guatemala, 800 plaignants poursuivent l’Université John Hopkins à Baltimore, ainsi que d’autres institutions, et leur réclament un milliard de dollars de dommages et intérêts, écrit le Guardian. L’objet du délit? Leur supposée responsabilité dans l’infection volontaire de centaines de personnes par des maladies sexuellement transmissibles (MST) lors d’essais cliniques entre 1946 et 1956, ce que les Guatémaltèques appellent «l’expérience du diable».

Les essais visaient à tester l’effet de la pénicilline sur certaines MST, telles que la syphilis et la gonorrhée. Les quelque 1500 Guatémaltèques enrôlés dans l’étude – des orphelins, des prisonniers, des malades mentaux - n’ont jamais été informés de quoi que ce soit, et n’ont jamais reçu le moindre support médical par la suite.

Aucune conclusion, aucune publication n’a jamais vu le jour, et pour cause: ce projet a été tenu secret depuis son terme, jusqu’à ce qu’une professeure d’université, Susan Reverby, ne découvre le pot-aux-roses en 2010.

L’avocat américain des plaignants, Paul Bekman, a précisé au quotidien britannique qu’une soixantaine de plaignants étaient des survivants directs de cette expérience secrète. «Les scientifiques qui menaient ces travaux sont morts depuis longtemps, précise Paul Bekman, mais les archives sont toujours là, et nous disposons de documents précis qui soutiennent les allégations des plaignants.»

Une première poursuite, contre l’Etat fédéral américain, avait déjà échoué en 2012. Cette nouvelle action en justice vise des entités privées, parmi lesquelles l’Université John Hopkins, soupçonnée d’avoir dépêché des scientifiques et des médecins sur place, ainsi que la Fondation Rockefeller. Elle pourrait avoir plus de chances d’aboutir, estime l’avocat. De leur côté, ces deux institutions nient toute implication dans ces essais cliniques.