Voilà une nouvelle qui pourrait réjouir tous les bélénophobes, ainsi que l’on nomme ceux ayant une peur bleue des aiguilles. Une étude conduite par une vingtaine de chercheurs de l’Université Griffith et de l’Université du Queensland, en Australie, publiée le 29 octobre dans la revue Science Advances, a en effet démontré qu’en matière de vaccin contre le Covid-19 une alternative à la seringue semblait possible, du moins, pour l’heure, chez le rongeur.

Concrètement, cette solution se présente sous la forme d’un patch cutané d’un centimètre de large parsemé de 5000 minuscules pointes en plastique, chacune d’un quart de millimètre de long, et recouvertes de vaccin séché, ce dernier étant plus stable que les formes liquides. Autre avantage d’éviter l’aiguille: ce vaccin peut être conservé à température ambiante et être auto-administré (à l’aide d’un applicateur), ce qui permettrait, notent les chercheurs, de l’utiliser dans des endroits isolés sans personnel médical, ou dépourvus de congélateurs ultra-froids.

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Relayé par New Scientist, ce travail montre par ailleurs qu’administré de cette manière, le vaccin aurait tendance à générer des réponses immunitaires plus fortes chez la souris et ce, même après une seule dose. Ce phénomène semble s’expliquer par la présence d’une véritable armée de cellules immunitaires tapissant l’épiderme (la couche externe de la peau), qui s’avèrent capables de produire autant une réponse immunitaire innée (lorsque l’organisme se défend contre un agent infectieux de manière immédiate) qu’adaptative (via les lymphocytes B et T qui confèrent une protection plus tardive mais aussi plus durable).

Une autre recherche australienne, publiée dans la revue scientifique PLOS Medicine, avait préalablement déjà montré que lorsque le vaccin contre la grippe était administré au moyen d’un patch, un sixième de la dose normale suffisait, car la réponse produite était plus importante.

Pour des doses de rappel?

A noter que les chercheurs ont testé leur patch cutané avec un candidat vaccin contre le Covid-19 appelé HexaPro, mis au point par des chercheurs de l’Université du Texas à Austin. Ce dernier, toujours en cours d’essai clinique chez l’homme, utilise une protéine de pointe modifiée et stabilisée du SARS-CoV-2. Sa stabilité, au sein du patch cutané, est d’au moins un mois lorsqu’il est stocké à 25°C et d’une semaine à 40°C.

Selon les scientifiques, un essai clinique quant à l’utilisation de ce patch cutané chez l’homme débutera l’année prochaine. «Si ce dernier est approuvé, il pourrait être utilisé pour administrer des doses de rappel et potentiellement pour conférer une protection contre de nouvelles souches de virus, le vaccin d’HexaPro étant facilement adaptable à de nouveaux variants», explique, dans le New Scientist, David Muller, l’un des auteurs, chercheur à la Faculté des sciences de l’Université du Queensland.