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Comment les cas de covid confirmés se traduisent-ils en hospitalisations, en admissions aux soins intensifs et en décès, maintenant que de nombreuses personnes ont été vaccinées?

En comparant la proportion de cas confirmés qui entraînent des hospitalisations, des admissions en soins intensifs et des décès avec les vagues précédentes – lorsque la population n’était pas vaccinée – nous pouvons en apprendre davantage sur la protection apportée par le vaccin contre les conséquences graves du covid.

C’est ce que permet de voir le graphique ci-dessous. Il montre les principaux indicateurs de l’épidémie, exprimés en pourcentage du pic atteint lors de la deuxième vague, en novembre 2020.

Retrouvez ce graphique par canton, ainsi que tous les chiffres clés de la pandémie mis à jour en continu dans notre tableau de bord Covid-19.

Début décembre dernier, la Suisse dénombrait plus de 9000 nouveaux cas confirmés quotidiens, soit davantage que lors du pic épidémique de l’hiver précédent. Pourtant le nombre d’hospitalisations et de patients covid traités aux soins intensifs y est demeuré deux fois moindre qu’au plus haut de la deuxième vague. Ce découplage apparent entre infections et décès, grâce à la vaccination, a été traité à de multiples reprises dans nos colonnes

Ce qui frappe également avec ces courbes, c’est la grande contagiosité d’Omicron. Comme ailleurs dans le monde, les cas ont explosé depuis que ce variant a supplanté le variant Delta. En Suisse, c’était déjà le cas avant Noël.

Possible surcharge hospitalière

Bien que les données sur Omicron semblent confirmer sa moindre sévérité comparé aux variants précédents, sa très grande transmissibilité et donc le nombre très important de personnes infectées pourraient avoir comme résultat une hausse non négligeable des nouvelles prises en charge à l’hôpital et dans les services de soins intensifs.

«Avec des infections doublant tous les huit à dix jours, entre 80 et 300 nouveaux malades du Covid-19 pourraient se retrouver aux soins intensifs par semaine au plus fort de la vague Omicron», déclarait ainsi Tanja Stadler, présidente de la task force covid de la Confédération au point presse de l’Office fédéral de la santé publique cette semaine.

Selon différentes projections, le pic épidémique des cas Omicron devrait être atteint entre la mi et la fin janvier en Suisse. Avec le découplage entre infections et formes graves de la maladie, c’est davantage les chiffres des capacités hospitalières, en particulier ceux des soins intensifs, qui devront être suivis de près durant les prochaines semaines. En raison du délai habituel de deux à trois semaines entre l’infection et une éventuelle admission à l’hôpital, les hospitalisations pourraient donc augmenter jusqu’à mi-février.